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avec AFP , modifié à
La candidate des Républicains Valérie Pécresse a effectué son premier déplacement de campagne présidentielle lundi dans les Alpes-Maritimes, dans le fief d'Éric Ciotti, pour appeler au rassemblement. La présidente de la région Île-de-France a également promis au finaliste du congrès LR "une place singulière" dans sa campagne. 

"Maintenant, c'est le temps de l'unité !": Valérie Pécresse a multiplié les signes de rassemblement lundi dans les Alpes-Maritimes lors de son premier déplacement de candidate à la présidentielle, dans le fief d'Éric Ciotti à qui elle a promis une "place singulière" dans sa campagne. "Ici commence une campagne d'espoir, avec un pilier : Éric Ciotti", a lancé lors d'une réunion publique la candidate qui vient de gagner (avec 61% des voix) la primaire LR. Éric Ciotti a de son côté martelé son "total et entier soutien" en l'assurant: "Je suis convaincu que Valérie Pécresse va remporter la présidentielle" en avril 2022.

Multiplication des signes de concorde

Ces soutiens réciproques intervenaient au terme d'une journée où les deux rivaux du second tour de la primaire ont multiplié les signes de concorde : accueil de Valérie Pécresse par Éric Ciotti à l'aéroport, déjeuner privé dans un restaurant cossu de Nice, avant un long trajet dans la même voiture jusqu'au village d'enfance d'Eric Ciotti, à Saint-Martin-Vésubie.

Après un dépôt de gerbe au monument aux morts de ce village reconnu comme "Juste parmi les Nations" pour avoir protégé des juifs pendant l'Occupation et sinistré par la tempête Alex de 2020, tous deux ont fini la journée par un discours dans l'air glacial de la fin d'après-midi, occasion de mettre les pendules à l'heure de l'unité après le coup de chaud du week-end.

Fort de ses 39% au congrès et comptant bien voir ses valeurs de droite représentées dans la campagne, Éric Ciotti avait reproché dimanche à Valérie Pécresse de ne pas envoyer un "bon message" aux électeurs. En cause : une interview où la candidate refusait de reprendre certaines de ses propositions, comme la création d'un "Guantanamo à la française".

"Je vais regarder si mon projet peut être pimenté", explique Pécresse

Lundi, l'heure était à l'explication : "Il va plus loin que moi sur certains thèmes, je vais regarder si mon projet peut être pimenté par un certain nombre de suggestions", a assuré la présidente de la région Ile-de-France, "notamment sur la transmission des patrimoines" où le député veut une exonération totale des successions.

"Je sais à quel point la victoire d'un Jacques Chirac ou d'un Nicolas Sarkozy doit à cette droite forte qui s'est toujours tenue à côté des grands candidats gaullistes", a-t-elle ajouté, en promettant une "place singulière" au très droitier président de la fédération LR des Alpes-Maritimes.

Un "pilier", mais pas de "tandem"

Eric Ciotti sera donc un "pilier" de la campagne, a expliqué la candidate, sans aller jusqu'au "tandem" espéré par le finaliste de la primaire. Car "dans le parti gaulliste, il y a un chef, en l'occurrence une cheffe" et à côté "des personnalités" qui portent "des valeurs très fortes", a-t-elle affirmé. "Je serai totalement à ses côtés", a promis Eric Ciotti, en répétant sa conviction que "pour gagner, Valérie Pécresse aura besoin de ces valeurs d'autorité, d'identité, de liberté que nous avons défendues ensemble".

Car dans cette bataille, Valérie Pécresse aura fort à faire, alors qu'Eric Zemmour a fait une entrée fracassante dans la course à l'Elysée, avec dans le viseur l'aile droite de LR -- il n'a pas manqué dimanche lors de son meeting à Villepinte de leur tendre la main.

Convaincre le centre-droit passé ou tenté par la macronie

Dans la foulée, l'ex-numéro deux de LR Guillaume Peltier a jeté le trouble dans un tweet où il s'est demandé "comment rester insensible au discours pour la France d'Eric Zemmour". Le défi, pour Valérie Pécresse, sera d'entendre cette demande tout en convainquant aussi le centre-droit passé ou tenté par la macronie. "Il faut qu'elle trouve une place à Eric Ciotti sans qu'il croie qu'il l'a remplacée", expliquait dimanche le politologue Pascal Perrineau, pour qui "avec un Eric Zemmour fragilisé, Ciotti peut servir d'aimant pour ramener les brebis au bercail".

Pour poursuivre cette semaine dédiée au "rassemblement", Valérie Pécresse rendra visite à chacun de ses concurrents battus: Philippe Juvin mardi, Michel Barnier en Savoie jeudi et Xavier Bertrand vendredi dans les Hauts-de-France. Elle sera aussi mardi auprès des parlementaires LR au siège du parti à Paris.