Marine Le Pen a fait sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, en visant à nouveau le bilan économique d'Emmanuel Macron. La candidate du Rassemblement national a détaillé ses propositions sur le logement, avant de conclure son discours sous le signe de la "renaissance" de la France.
Marine Le Pen a fait sa rentrée politique cet après-midi, prononçant un discours d'un peu plus de 40 minutes dans son fief d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Arrivée à la tribune sous les acclamations, la candidate du Rassemblement national a livré un discours offensif, marquant le premier rendez-vous de sa campagne pour la présidentielle de 2027, avec déjà l'ébauche d'un programme.
Marine Le Pen a d'abord ciblé Emmanuel Macron et ses héritiers, jugeant que le bilan du président sortant, qui ne sera pas candidat à sa succession, appelait désormais moins à une analyse qu'à une "autopsie". "Après dix ans de Macron, après des années de Philippe et d'Attal, on ne fait plus une analyse, on fait une autopsie", a-t-elle lancé.
Elle a repris à cette occasion un surnom déjà utilisé lors du débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle 2022 : "Je n'entends pas jouer la partition laissée par le Mozart de la finance". Ce surnom, initialement forgé par des soutiens d'Emmanuel Macron au moment de son entrée en politique, avait servi à Marine Le Pen pour dénoncer un bilan qu'elle jugeait alors "mauvais" et "injuste", évoquant notamment 400.000 pauvres supplémentaires sous le quinquennat Macron, sur un total de 9,8 millions de personnes en situation de pauvreté en France, ainsi qu'un déficit commercial qualifié de "record absolu", à 400 milliards d'euros. Emmanuel Macron avait alors défendu la dette contractée pendant la crise du Covid-19, assurant qu'elle avait permis de "protéger" les Français.
Le logement, "un des grands chantiers" du futur quinquennat
Sans s'attarder sur ce bilan, Marine Le Pen a ensuite détaillé ses propositions, en insistant sur une priorité nationale qu'elle souhaite appliquer "quelle que soit" la couleur de peau, la religion, l'origine, la résidence, la région ou la condition sociale des Français. Cette priorité doit selon elle se concrétiser en premier lieu dans l'accès au logement, présenté comme "un des grands chantiers" de son futur quinquennat.
"Les Français, les élus locaux, le bon sens doivent reprendre la main sur le logement social. Nous devons donner la priorité d'accès au logement social aux Français", a-t-elle affirmé. La candidate du Rassemblement national a détaillé plusieurs mesures : expulsion des familles délinquantes des HLM, lutte contre les squats, application de la priorité nationale à l'accès au logement social et aux aides personnelles au logement, abrogation de la loi SRU et vente d'une partie du parc HLM.
Marine Le Pen a également annoncé vouloir supprimer le "zéro artificialisation nette" ainsi que les diagnostics de performance énergétique, et remplacer MaPrimeRénov' par un prêt à taux zéro dédié à la rénovation.
Un discours conclu sous le signe de la "renaissance"
Marine Le Pen a achevé son intervention en présentant l'élection présidentielle de 2027 comme un choix binaire entre l'immobilisme et un sursaut national. "Cette présidentielle décidera de tout : soit de laisser notre pays s'enliser dans les sables mouvants des habitudes et des turpitudes, soit le sursaut, celui que nous voulons et qui mènera à la renaissance de la France", a-t-elle déclaré, assurant que cette "renaissance" ne serait "pas seulement politique et économique", mais transformerait aussi la "manière de vivre, d'habiter et de regarder" le pays.