Patrice Duhamel : "Si Fillon doit être remplacé, c'est dans les 8-10 jours"

© François NASCIMBENI / AFP
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A.D , modifié à
La situation est "surréaliste" et le journaliste voit mal François Fillon rester, mais souligne que le difficile choix d'un potentiel nouveau candidat devra advenir très vite.
INTERVIEW

Il a dit qu'il ira jusqu'au bout et restera bel bien candidat à la présidentielle. Dans une vidéo postée vendredi, François Fillon, en dépit du scandale qui touche son épouse et qui s'étend à deux de ses enfants, dit qu'il restera "inébranlable" et demande à ses militants de ne pas "baisser la tête".

Patrice Duhamel, journaliste ancien directeur général de France Télévisions, était l'invité de C'est arrivé cette semaine pour décrypter si le candidat à la présidentielle peut tenir jusqu'à la fin de sa campagne, alors même que dans son camp, des voix s’élèvent pour lui demander de renoncer à la présidentielle.

"Il dit qu'il tient, il ne peut pas dire le contraire". Aller jusqu’au premier tour "sera extraordinairement difficile", juge le journaliste qui a suivi toutes les campagnes présidentielles depuis 1969. "Il dit qu'il tient mais il ne peut pas dire le contraire. A partir du moment où il laisse percer un moment de faiblesse, c'est terminé. Sa difficulté, c'est qu'il a cinq fronts à la fois : le judiciaire, le politique, médiatique, l'opinion et les sondages."

"Le problème des montants". Que l'emploi de Penelope Fillon soit fictif ou non - "on verra ce que dit la justice" -, ce qui est d'abord très gênant, pour Patrice Duhamel, "est le problème des montants des rémunérations pour sa femme et ses enfants, deux fois, trois fois le salaire médian des Français. Et ce sont des faits." Des faits dont "il semble avoir pris conscience" au regard de la vidéo, estime le journaliste. "Avant, on avait l'impression qu'il ne mesurait pas bien l'ampleur du problème."

"Surréaliste". L'étendue de la grogne fait que l'élu de la primaire de la droite pourrait être le prochain à faire les frais de la tendance au "dégagisme. Ça a commencé par Duflot, puis Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls et sans doute Fillon." Le compte à rebours est lancé d'après Patrice Duhamel. "Dans six semaines, le dépôt limite des parrainages sera clos. Donc, si François Fillon doit être remplacé, c'est dans les 8-10 jours, après ça sera trop tard. C'est là ou c'est compliqué pour la droite et le centre, il faudrait quelqu'un qui fasse l'unanimité, mais sur quel programme ? Celui de Fillon, du nouveau candidat ? Et quelle équipe ? C'est une situation inédite et surréaliste."