Serge Blanco, ex-légende du rugby français, a été élu maire de Biarritz, annonce ce dimanche soir son adversaire, la maire sortante LR Maider Arosteguy. L'ancien international tricolore (93 sélections) s'impose avec 41,92% des voix.
L'ex-légende du rugby Serge Blanco a remporté dimanche les élections municipales à Biarritz avec 41,92% des voix au second tour dans une triangulaire, a annoncé la maire sortante battue Maider Arosteguy (LR). Pour sa première campagne électorale, l'ancien arrière du XV de France et du Biarritz olympique devance Maider Arosteguy (32,21%) et une liste d'union de la gauche et d'un candidat centriste, menée par Ana Ezcurra, troisième avec 25,87%.
"Ma démarche aujourd'hui n'est ni celle d'un homme isolé, ni celle d'un caprice ou d'un coup de tête. C'est d'abord celle d'un enfant de Biarritz", disait-il le jour de l'annonce de sa candidature début décembre.
Né en 1958 à Caracas, il est arrivé dans la cossue cité balnéaire basque deux ans plus tard avec sa mère, après la mort de son père vénézuélien. Il y découvre le rugby et un club, le Biarritz olympique... Le seul de sa carrière, avec lequel il a échoué en finale du Championnat de France en 1992 face à Toulon (défaite 19-14), pour ses adieux aux terrains.
Une légende écrite en sélection
"Je n'ai jamais porté que les couleurs du BO et c'est ma fierté. Je suis l'homme d'un seul club", clame-t-il dans 'Mes rebonds favorables', son autobiographie parue en 2019. Malchanceux en club, Serge Blanco écrit sa légende en sélection, au fil de 93 capes, 18 capitanats et 38 essais, un record seulement dépassé par Damian Penaud (40) en novembre 2025.
Numéro 15 dans le dos, il électrise les défenses d'un crochet déroutant ou d'une course folle, à l'image de son essai face à l'Australie en 1987, qui qualifie la France pour la finale de la toute première Coupe du monde. Poursuivi par quatre Wallabies, il plonge dans l'angle à la 85e minute. Puis célèbre, à genoux, ballon au-dessus de la tête.
"Ce n'est pas 'mon' essai, c'est celui de toute une équipe", relativise-t-il. "Un essai appartient à tous ceux qui ont touché, ou pas, le ballon sur l'action." Si le XV de France est battu en finale par la Nouvelle-Zélande, il remporte six Tournois des cinq nations dont deux Grands chelems (en 1981 et 1987) au cours de cette décennie 1980 éclaboussée par le talent de Blanco. Un jongle avec le ballon (face au Pays de Galles en 1989) ou une traversée solitaire du terrain (Australie en 1990) lui valent, malgré lui, le surnom de "Pelé du rugby".
Essai transformé
Il quitte les Bleus au soir d'une défaite rageante, ponctuée de coups, en quart de finale de la Coupe du monde 1991 face à l'Angleterre, qui l'avait "ciblé" pour faire dérailler le XV de France. Il se reconvertit d'abord dans les affaires. Après avoir débuté comme tourneur, ajusteur et monteur chez Dassault, en parallèle de sa carrière alors amateur de rugby, puis intégré les relations publiques du groupe Pernod, il prend la tête d'un centre de thalassothérapie à son nom à Hendaye, près de Biarritz, avant même de raccrocher les crampons.
Il crée aussi une marque de vêtements à succès en 1993 et se lance dans l'hôtellerie, avec un établissement de luxe non loin de l'aéroport de Biarritz. Mais l'aventure termine mal. En janvier 2020, après plusieurs années de déficit, la holding Serge Blanco, regroupant l'hôtellerie et la thalasso, est placée en liquidation judiciaire. Le rugby, lui, n'est jamais loin. Premier patron de la toute nouvelle Ligue nationale de rugby de 1998 à 2008, il est aussi président de "son" Biarritz olympique de 1995 à 1998, puis de 2008 à 2015. Vice-président de Pierre Camou à la Fédération (FFR) de 2012 à 2016, il s'oppose ensuite à ses successeurs Bernard Laporte, puis Florian Grill.
Régulièrement cité à l'approche des échéances électorales locales, il est en revanche longtemps resté en retrait du terrain politique. Jusqu'à sa décision de se lancer début décembre pour "redonner à Biarritz l'élan qu'elle mérite". Trois mois après, l'essai est transformé.