Marion Maréchal à la rencontre d'élus et de collaborateurs LR

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Marion Maréchal plaide pour une union des droites.
Marion Maréchal plaide pour une union des droites. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Alors que la nièce de Marine Le Pen multiplie les appels à l'union des droites entre le Rassemblement national et LR, plusieurs élus du parti de droite ont rencontré l'ancienne députée. 

L'ancienne députée RN Marion Maréchal a rencontré mardi soir plusieurs élus LR dont des parlementaires, a appris l'AFP jeudi auprès de plusieurs participants, confirmant une information du Figaro.

Celle qui plaide pour une union des droites entre la droite des Républicains et le Rassemblement national, et s'est exprimée à plusieurs reprises à ce sujet depuis la débâcle de LR aux élections européennes, a également participé la semaine dernière à une soirée "speed dating" avec des collaborateurs d'élus LR, selon les mêmes sources.

"Il n'était pas question de parler d'alliances"

L'ancienne élue du Vaucluse, qui a toujours sa carte au RN et a fondé une école de sciences politiques à Lyon, a échangé mardi avec une quinzaine d'élus LR au restaurant Le Bouclier de Bacchus dans le 9e arrondissement de Paris.
Parmi les convives figuraient notamment le sénateur du Val-d'Oise Sébastien Meurant, le député de l'Ain et membre du bureau politique de LR Xavier Breton et l'ancien candidat LR aux élections européennes et membre du bureau politique Sébastien Pilard, cofondateur de Sens Commun.

Marion Maréchal également invitée à l'université d'été du Medef. L'ancienne députée RN a été "sollicitée" par le Medef pour participer fin août à son université d'été, rebaptisée Rencontre des entrepreneurs de France (REF), a-t-on appris jeudi auprès de l'organisation patronale, confirmant une information de l'Express. "Si cette information est exacte, c'est très grave", a tweeté l'ancienne présidente de l'organisation, Laurence Parisot.

L'invitation de Marion Maréchal "est une provocation dangereuse qui plus est. Et ce sera le boycott pour ma part", a réagi de son côté la députée LREM Olivia Grégoire, rapidement rejointe par deux autres députés du parti macronien, Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, et Coralie Dubost.

"Il s'agissait de débattre d'idées de fond. Il n'était pas question de parler d'alliances", a rapporté le jeune LR Erik Tegnér, étudiant à l'école de Marion Maréchal en 2018 et qui a coorganisé l'événement avec le magazine L'Incorrect ainsi que le "speed dating". "Nous n'avons pas eu de complexes à nous parler", a-t-il souligné. Les sujets ont porté entre autres sur la privatisation d'ADP, le projet de loi bioéthique, la proposition de loi contre la haine en ligne, ou la suppression de 1.050 postes à Belfort par l'américain General Electric.

Joint par l'AFP, François de Voyer, qui anime l'association Audace d'entrepreneurs proches de Marion Maréchal, a affirmé que ce genre de rencontres "pourrait se reproduire" vu "l'enthousiasme ressenti des deux côtés". Sébastien Pilard, conseiller régional LR, a rappelé sur Twitter "la ligne" de sa famille politique: "des débats et des discussions oui, des alliances électorales non".

Aucune exclusion n'est prévue par la direction de LR

Du côté de la direction du parti de droite, Laurence Sailliet, porte-parole de LR, a jugé jeudi sur Twitter "inacceptables" les "collusions avec le RN" même si "on n'exclut pas pour un dîner". "Marion Maréchal-Le Pen, c'est la famille Le Pen, c'est le Front national et il y a une ligne rouge (...) Il n'y aura pas d'accord entre le Front national et les Républicains, ça c'est permanent", a-t-elle redit sur Public Sénat. Pour elle, Marion Maréchal "mène un jeu très dangereux" en laissant penser "qu'elle n'est pas dans le jeu politique tout en tirant quand même les manettes".

Dans Le Figaro, le président de LR Jean Leonetti a jugé "inacceptable" ce dîner, tout en écartant lui aussi toute exclusion. Mais le successeur de Laurent Wauquiez demande aux participants membres de son parti de "clarifier leur position". "Cette clarification passe par leur appartenance aux Républicains qui implique une totale étanchéité à toute alliance avec l'extrême droite". 

Le parti Agir, qui réunit d'anciens LR "Macron-compatibles", a dénoncé dans un communiqué une "alliance des idées avec l'extrême-droite, préfiguration aux alliances électorales". "La dernière ligne rouge vient d'être franchie : les Républicains n'en ont plus que le nom, leur défaite idéologique est définitivement actée, et elle est à la mesure de leur récente défaite électorale : abyssale", ajoute Agir.