Gérard Larcher était l'invité d'Europe 1 ce jeudi matin. 2:02
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Ophélie Artaud , modifié à
Après les émeutes qui ont touché la France, Gérald Darmanin a appelé à ne pas "confondre les débats" entre délinquance et immigration, au moment où se prépare un projet de loi sur l'immigration, pour lequel l'éxecutif aura besoin des voix de la droite. Invité d'Europe 1 ce matin, le président du Sénat Gérard Larcher l'assure : si l'exécutif n'accepte pas de discuter, "il n'y aura pas de texte".

Quelques jours après les émeutes qui ont touché le pays, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a appelé à ne pas "confondre les débats". "La question aujourd'hui, ce sont les jeunes délinquants, pas les étrangers", a-t-il ajouté devant l'Assemblée nationale, répondant à une question d'un député du Rassemblement national, qui rejetait les violences survenues après la mort du jeune Nahel sur l'immigration. Des critiques de l'opposition de droite, notamment des Républicains et du Rassemblement national, qui interviennent en pleine préparation du projet de loi sur l'immigration, pour lequel Emmanuel Macron promettait des "avancées" durant la première quinzaine du mois de juillet.

"Réguler les flux migratoires, c'est aussi favoriser l'intégration"

Invité d'Europe Matin ce jeudi, Gérard Larcher est revenu sur ce projet de loi immigration. Et le président du Sénat a prévenu le gouvernement : selon lui, il est "indispensable pour une politique d'intégration d'absolument réguler la politique migratoire" et "si l'éxecutif ne l'entend pas, il n'y aura pas de texte", assure Gérard Larcher au micro d'Europe 1.

 

Une posture compliquée pour la majorité et le ministre de l'Intérieur, qui ne veulent pas céder aux pressions de la droite, favorable à un durcissement du projet de loi immigration, mais qui auront besoin de leurs votes pour faire passer le texte, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat.

L'exécutif doit "entrer dans le dialogue avec nous", martèle Gérard Larcher

"Je le dis clairement, on ne peut avoir la 21ᵉ loi après 20 textes sur l'immigration qui n'ont pas apporté de vraies réponses à l'indispensable régulation des flux migratoires. Réguler les flux migratoires, c'est aussi favoriser l'intégration", détaille Gérard Larcher. "Quand vous avez chaque année 340.000 titres de séjour, quand on sait, ce sont même les chiffres du ministre de l'Intérieur, qu'il y a 700.000 et 800.000 clandestins dans notre pays, dont beaucoup résident d'ailleurs dans des quartiers en difficulté, vous voyez bien que c'est indispensable", ajoute-t-il au micro d'Europe 1.

Pour le président du Sénat, la majorité doit "entrer dans le dialogue avec nous". "Nous avons fait des propositions extrêmement claires. La commission des lois a fait les propositions au ministre de l'Intérieur et au président de la République", précise Gérard Larcher. Avant de reprendre une citation de l'ancien Premier ministre Gérard Collomb : "Aujourd'hui, on vit côte à côte, je crains que demain on puisse vivre face-à-face", conclut-il.