Le gouvernement affiche sa fermeté après une fusillade dans un quartier de Nice

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Gérald Darmanin Christian Estrosi Nice YANN COATSALIOU / AFP 2:20
Gérald Darmanin, à droite, s'est rendu à Nice et s'est entretenu avec le maire Christian Estrosi. © YANN COATSALIOU / AFP
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Des coups de feu ont été tirés en plein jour lundi, devant un supermarché d’un quartier sensible de Nice. Le Premier ministre Jean Castex a dénoncé "des actes profondément inadmissibles" et annoncé qu’il se rendra sur place samedi pour y faire "des annonces concrètes" sur l’insécurité.

Le gouvernement veut réagir après une fusillade en plein jour d’un quartier sensible de Nice. Des coups de feu ont été tirés lundi dernier devant un supermarché du quartier des Moulins, connu notamment pour être un lieu de trafic de drogues dans la ville azuréenne. Le Premier ministre Jean Castex a dénoncé jeudi "des actes profondément inadmissibles" et annoncé qu’il se rendrait sur place, avec les ministres de la Justice Eric Dupond-Moretti et de l’Intérieur Gérald Darmanin. Une visite qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, érigée en priorité par Jean Castex dans son discours de politique générale le 15 juillet dernier.

Une fusillade dans un quartier connu pour être un lieu de trafic de drogue

Une vidéo des faits, mise en ligne par un habitant du quartier des Moulins, a provoqué un vif émoi sur les réseaux sociaux et au sein de la classe politique. Sur cette séquence, on y entend des coups de feu et on voit des hommes en train de courir au loin, sous l'œil des clients à l'entrée du supermarché. Selon des habitants, il s’agit de la deuxième fusillade "en moins d’un mois" dans ce quartier connu pour être un lieu de trafic de drogue. Au moins deux personnes ont été tuées par balle dans le quartier des Moulins au cours des dernières années, dans ce qui est apparu à chaque fois comme un règlement de compte aux yeux des enquêteurs.

"La quasi-intégralité des habitants de ce quartier veulent vivre normalement et il y a une minorité d'emmerdeurs qu'il faut absolument confondre par la loi pour que la force reste à l'autorité républicaine", a martelé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en visite surprise jeudi à Nice. C'est parce qu'il y a "eu une saisie très importante de drogue le 10 juillet qu'il y a eu ces événements inacceptables", a-t-il ensuite estimé lors d'un point presse devant un commissariat.

Christian Estrosi pris à partie mercredi soir

Dès lundi, le maire (LR) de Nice Christian Estrosi a demandé des "moyens supplémentaires" et un "plan d'action immédiat permettant de rétablir l'ordre", en jugeant la situation du quartier des Moulins "très préoccupante". 60 CRS ont ainsi été envoyés en renfort par le ministère de l’Intérieur. Le maire de Nice a d’ailleurs été pris à partie mercredi, au cours d’une visite surprise. "Ici on est menacés par les balles perdues", "on veut de l’aide", ont lancé certains habitants lors d’une séquence filmée par BFMTV. Mais la discussion s’est rapidement tendue, au point que Christian Estrosi et le préfet des Alpes-Maritimes, lui aussi présent, ont été obligés de quitter les lieux sous les insultes et après un jet de projectile.

"Quand on voit un préfet et un maire courageux se faire mal accueillir dans un quartier, ce n’est pas acceptable", a dénoncé Gérald Darmanin. "L’ensemble des élus et tous les citoyens sont partout chez eux en République. Il n’y a pas de zone de non-droit, donc je viens là où la police fait parfois difficilement son travail, pour reprendre des territoires aux trafiquants de drogue qui empoisonnent la vie des quartiers", a poursuivi le ministre de l’Intérieur, qui s'est affiché aux côtés de Christian Estrosi.

"Il y a des actes profondément inadmissibles. Je vais très prochainement me rendre à Nice et nous ferons des annonces concrètes pour lutter contre ces actes inadmissibles", a réagi de son côté Jean Castex, en marge d'un déplacement à Besançon pour l'emploi des jeunes.