La maire LR de Montauban condamnée à cinq ans d'inéligibilité, doit quitter son poste

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Brigitte Barèges, maire LR de Montauban.
Brigitte Barèges, maire LR de Montauban en 2015. © REMY GABALDA / AFP
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Brigitte Barèges, maire LR de Montauban depuis 20 ans, vient d'être condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat par le tribunal correctionnel de Toulouse dans une affaire de détournement de fonds publics et devra rapidement quitter son poste. Elle a également été condamnée à 12 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende. 

La maire de Montauban Brigitte Barèges (LR) a été condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat par le tribunal correctionnel de Toulouse dans une affaire de détournement de fonds publics et devra rapidement quitter son poste. Cette décision prendra effet après notification du préfet. Une peine d'inéligibilité avec effet immédiat d'un maire en exercice est relativement rare. Maire depuis 20 ans de Montauban, préfecture du Tarn-et-Garonne, l'édile a en outre été condamnée à 12 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende. Elle était absente lors du jugement.

Un manque de "rigueur" reconnu

Lors de l'audience, le 10 décembre à Toulouse, le procureur Laurent Couderc avait requis cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate et 18 à 24 mois de prison avec sursis contre elle. Il avait pointé un "dévoiement de l'utilisation des fonds publics" dans une "totale opacité".

"C'est dur, parce que cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ça veut dire que c'en est fini avec ce mandat qui démarre à peine", avait déclaré en décembre Brigitte Barèges au terme d'une audience qui avait duré plus de 12 heures. Elle avait également affirmé faire "confiance à la justice" et espérer une relaxe, comme l'avaient plaidé ses avocats.

Au cours de l'audience, elle avait reconnu un manque de "rigueur", voire une certaine "confusion", tout en niant catégoriquement tout détournement de fonds publics.

Un ancien chargé de communication payé pour écrire des articles élogieux

L'affaire, où elle était la principale mise en cause, se déroule entre 2012 et 2014. A l'époque, Brigitte Barèges est à la fois maire de Montauban et candidate à sa réélection aux municipales.

Son ancien chargé de communication Jean-Paul Fourment, évincé de son poste à la suite d'une procédure disciplinaire, indique à la justice avoir été payé par la collectivité pour écrire des articles élogieux à l'égard de Mme Barèges dans Le Petit Journal, une publication locale.

En 2015, la maire et ancienne députée est mise en examen pour "détournement de fonds publics par personne dépositaire de l'autorité publique ou investie d'une mission de service public".

Brigitte Barèges avait remporté la mairie en 2001, mettant fin à 36 ans de pouvoir socialiste, après une campagne axée sur la lutte contre la corruption et l'insécurité. Connue pour ses propos jugés homophobes et xénophobes, la maire a toujours nié les faits reprochés dans ce dossier.