Gérald Darmanin doit faire face à une fronde sans précédent des avocats et des magistrats depuis sa nomination en tant que garde des Sceaux. Après les vives réticences suscitées par sa réforme pénale, le ministre prend de plein fouet la gestion de crise liée à l'affaire de la petite Lyhanna.
Ce lundi, la justice sera "morte". Les avocats et magistrats appellent à une manifestation de l'ensemble de la profession, devant les tribunaux. À l'origine, la mobilisation concernait la réforme de la justice du garde des Sceaux et sa mesure du plaider coupable criminel. Mais cette journée dépasse désormais cette seule réforme.
Car avec l'affaire Lyhanna, le bras de fer s'est déplacé. Les magistrats mobilisés reprochent au garde des Sceaux de privilégier les responsabilités individuelles. Or, selon eux, les défaillances sont le symptôme d'une justice sous tension, faute de moyens.
Le garde des Sceaux a des pouvoirs de sanctions contre les magistrats
Gérald Darmanin répond qu'à ce stade, aucune sanction n'a été prononcée. Seules des mesures conservatoires ont été prises contre une magistrate du parquet d'Auch. L'enquête devra déterminer si les consignes de politique pénale ont été respectées ou si la charge de travail peut expliquer les défaillances.
Le conflit ravive un vieux débat sur les pouvoirs du garde des Sceaux. À l'issue de l'enquête, Gérald Darmanin pourra saisir le Conseil supérieur de la magistrature. Et s'il le souhaite, il pourra aller contre l'avis de celui-ci pour sanctionner des membres du parquet.
Une possibilité qu'aucun ministre de la Justice n'a jamais utilisée et qui est aujourd'hui au cœur du bras de fer entre Gérald Darmanin et la magistrature.