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Affaire Lyhanna : la fronde des juges envers Gérald Darmanin ne faiblit pas

Si Gérald Darmanin n'est jamais cité nommément, le message lui est clairement adressé. [© Anne-Christine POUJOULAT / AFP]

Face à la polémique née de l'affaire Lyhanna et des mesures prises contre une magistrate d'Auch, les deux plus hauts magistrats de France sortent de leur réserve. Dans un communiqué commun, ils dénoncent la recherche d'un "bouc-émissaire" et réclament une réforme d'ampleur de la protection de l'enfance.

La fronde des magistrats ne faiblit pas après les mesures conservatoires prises par Gérald Darmanin à l'encontre d'une magistrate du parquet d'Auch, suite à l'affaire Lyhanna.

Tribunes, appels à la grève ou encore journée "Justice morte", les initiatives se multiplient pour dénoncer la position du garde des Sceaux.

Un communiqué commun exceptionnel

Dans ce contexte, les deux plus hauts magistrats de France ont tenté d'apaiser les tensions en publiant, mercredi, un communiqué de presse commun.

Leur prise de parole est rare, d'autant plus qu'elle est portée d'une seule voix. Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, et son homologue du parquet général, Rémy Heitz, signent un texte à quatre mains dans lequel ils mettent en garde contre "la mécanique du bouc-émissaire".

Si Gérald Darmanin n'est jamais cité nommément, le message lui est clairement adressé après ses déclarations sur les responsabilités de la chaîne pénale dans l'affaire Lyhanna.

Une réponse aux critiques de Gérald Darmanin

Le garde des Sceaux a répété que le dysfonctionnement relevait d'erreurs et de fautes individuelles, et non d'un manque de moyens. Les deux plus hauts magistrats répondent que "les questions de responsabilité individuelle et de responsabilité collective ne s'excluent pas l'une l'autre ; elles coexistent".

Ils estiment qu'il ne faut pas éluder la crise systémique de la protection de l'enfance et poursuivent : "Questionner la responsabilité de tel magistrat ou de tel enquêteur ne doit pas constituer une stratégie permettant d'éviter la confrontation au miroir que la société civile nous tend."

Tout en reconnaissant que la justice a bénéficié d'un investissement inédit malgré un contexte budgétaire contraint, Christophe Soulard et Rémy Heitz appellent à la mise en œuvre d'un véritable "plan Marshall" pour la protection de l'enfance.