Jean-Pierre Raffarin annonce son soutien à Emmanuel Macron pour les européennes

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Jean-Pierre Raffarin assure qu'il ne s'agit pas "d'un engagement de politique intérieure".
Jean-Pierre Raffarin assure qu'il ne s'agit pas "d'un engagement de politique intérieure". © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Jean-Pierre Raffarin, toujours adhérent des Républicains, annonce dans une interview au "Figaro" soutenir la liste d'Emmanuel Macron aux élections européennes, expliquant "adhérer au projet du président". 

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre (2002-2005) de Jacques Chirac, annonce son soutien à Emmanuel Macron pour les élections européennes de mai prochain, dans un entretien publié lundi soir par Le Figaro.

"Le projet européen le plus abouti". "Je ne dispose que du texte écrit par le président. Mais il s'agit du projet européen le plus abouti. J'adhère au constat, à la vision et au projet. C'est donc le projet du président que je soutiendrai sans aucune hésitation", déclare Jean-Pierre Raffarin au quotidien. Le projet d'Emmanuel Macron, "c'est la trace de la France en Europe. L'intuition que nous avons eue avec Alain Juppé, après le discours de la Sorbonne d'Emmanuel Macron, se confirme aujourd'hui", développe l'ancien Premier ministre.

"Pas un engagement de politique intérieure". Pourquoi ne pas soutenir la liste des Républicains (LR) ? "L'action européenne est davantage entre les mains de l'exécutif, au Conseil européen, que dans celle des partis. Aujourd'hui, affaiblir le président français, c'est affaiblir la France. Il ne s'agit pas pour moi d'un engagement de politique intérieure, mais d'une réponse à la menace de déconstruction qui pèse sur l'Union européenne", répond Jean-Pierre Raffarin.

Pressé par Wauquiez de se positionner. Déjà fin janvier, Jean-Pierre Raffarin avait déclaré qu'il "déciderait" s'il reste au sein des Républicains en fonction de la position du parti sur l'Europe, soulignant être "aujourd'hui plus près du projet de Macron". Dimanche, le chef de file LR Laurent Wauquiez avait demandé, via un courrier révélé dans la presse, à Jean-Pierre Raffarin de faire "connaître (sa) position sur la campagne des européennes" et de s'expliquer devant le bureau politique du parti, instance dont il est membre de droit. "Je ne veux participer à aucune mise en scène partisane. J'ai toujours été ouvert au débat. Je suis prêt à toutes les discussions, mais pas à leur théâtralisation", répond l'intéressé.

"Il ne s'agit pas d'adhérer à LREM". Soutien d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite, théoricien de la "droite constructive" après l'élection d'Emmanuel Macron, Jean-Pierre Raffarin souhaite "une personnalité particulièrement légitime sur l'Europe et que le centre-droit soit représenté" sur la liste LREM élargie aux composantes et soutiens de la majorité. Pour l'ancien membre de Démocratie libérale, "il ne s'agit pas d'adhérer à LREM. Je reste partisan pour la France d'un centre-droit fort".

"Et je souhaite qu'après les européennes, on prépare ce qui pourrait être l'Epinay de la droite et du centre en rassemblant toutes les chapelles et toutes les personnalités de la droite et du centre: celles de LR, comme Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau, François Baroin, Christian Estrosi, et celles en dehors de LR comme Xavier Bertrand, Dominique Bussereau, Franck Riester". Et Laurent Wauquiez ? "Tous les Républicains qui refusent l'extrémisme y ont leur place".

Vers une exclusion de LR ? Interrogé lundi soir sur cette annonce, Éric Woerth, le président LR de la commission des finances à l'Assemblée, a affirmé que si "Jean-Pierre Raffarin soutenait une autre liste que LR, il ne serait plus dans LR".  "J'appelle Jean-Pierre Raffarin à attendre avant de prendre sa décision. Je lui propose d'être très prudent sur son soutien, si soutien il y avait", a poursuivi l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, réagissant en direct lors de l'émission Audition publique sur LCP et Public Sénat, en partenariat avec l'AFP et Le Figaro. "Je ne connais pas le projet du président (de la République) et Jean-Pierre Raffarin ne connaît pas non plus le projet des Républicains, car ces projets ne sont pas sur la table", a-t-il ajouté.