Guillaume Peltier veut augmenter le Smic de 20% : "On va finir par être un peu plus à gauche que la France insoumise"

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Guillaume Peltier 1280 1:25
© Eric FEFERBERG / AFP
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La proposition du vice-président des Républicains n'a pas manqué de crisper les principaux ténors du parti des Républicains, déchiré entre libéraux et gaullistes sociaux.

À peine la page Virginie Calmels tournée à droite, c'est un autre responsable des Républicains qui fait parler de lui. Guillaume Peltier, deuxième vice-président de LR, a fait mardi une proposition iconoclaste pour un parti de droite. Le député de Loir-et-Cher a proposé d'augmenter le Smic de 10, 15 voire 20% en échange d'une baisse de charges pour les entreprises. Cette proposition d'augmentation du Smic, plutôt marquée à gauche, n'a pas manqué de mettre sa famille politique en émoi.

Augmenter le Smic ou baisser les impôts ? Guillaume Peltier lui-même le reconnaît : il s'agit d'un tabou à droite, mais il assume son coup de pied à la fourmilière. "Même Cameron l'a fait en Angleterre. C'est un anti-libéral ?", interroge-t-il. Toutefois, ses arguments n'ont pas convaincu tous ses camarades. Olivier Dassault, député de l'Oise, ne peut retenir un petit rire en entendant "hausse du Smic". "Il faudrait commencer par baisser les impôts de 15 à 20%. Il faut, en fait, aller en dessous du Smic, surtout pour des jeunes", argue-t-il. Et voilà un nouveau fossé qui se creuse.

Trop à gauche. De son côté, le député de l'Yonne Guillaume Larrivé dit "oui au débat, non au délire", en dénonçant une idée "néo-communiste". Quant à Philippe Gosselin, il semble atterré. "On va finir par être un peu plus à gauche que la France insoumise. Il va falloir que l'on arrête un peu d'amuser la galerie", s'agace-t-il. "Ça commence à m'inquiéter ce qui se passe dans mon propre parti, je ne vous le cache pas".

Un débat nécessaire. Si les libéraux s'étranglent, le gaulliste social Daniel Fasquelle, ancien soutien de Nicolas Sarkozy, salue l'initiative de Guillaume Peltier. "Je le remercie d'avoir ouvert un débat qu'il est nécessaire d'ouvrir dans notre pays : celui de la question de la rémunération des salariés les plus modestes". "Le débat est ouvert dans notre famille", renchérit un proche de Laurent Wauquiez, mais qui tient à préciser que cette idée ne vient pas de la direction.

Europe 1
Par Aurélie Herbemont, édité par Romain David