"Grand débat" : pour François Baroin, "c’est un grand brouillard à couper au couteau"

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Invité d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, le président de l'Association des maires de France, François Baroin, a plaidé pour une nouvelle réforme de la décentralisation, meilleure manière selon lui de répondre aux inquiétudes soulevées par la crise des "gilets jaunes".

INTERVIEW

Le "grand débat national" s'achève le 15 mars. L'exécutif a promis de tenir compte des contributions apportées pendant ces deux mois d'échange, mais la semaine dernière, Edouard Philippe a mis en garde contre "le risque déceptif", déclarant devant les députés de la majorité qu'il ne serait pas possible de répondre à l'ensemble des sujets mis sur la table. "C’est un grand brouillard à couper au couteau", a estimé pour sa part François Baroin, le président de l'Association des Maires de France, invité jeudi d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1.

Prendre le temps d'apporter les bonnes réponses. "Je comprends qu'Emmanuel Macron prenne du temps. Je comprends qu'il faille analyser justement toutes les préoccupations qui ont été remontées", souligne toutefois le maire de Troyes. "Il y a des problèmes de pouvoir d'achat, de pression fiscale, de cohésion territoriale...", énumère-t-il, alors qu'il demande au gouvernement, avec Hervé Morin, président des Régions de France, et Dominique Bussereau, président de l'Assemblée des départements de France, un "choc de la décentralisation" comparable à celui imposé par Gaston Defferre en 1982. Pour lui, une redistribution des pouvoirs à la faveur des élus locaux reste la meilleure manière de répondre aux problématiques soulevées par la crise des "gilets jaunes".

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Les élus locaux, "meilleurs gestionnaires que l'Etat." François Baroin estime ainsi que les leviers du développement économique, mais aussi la gestion de la formation, voire de Pôle emploi, devraient être laissés entre les mains des collectivités. "Je suis convaincu que c'est une réponse avantageuse pour l'Etat, qui va pouvoir se concentrer à terme sur ses missions : la sécurité, la défense, un cadre national pour une politique de justice et d'éducation", argue-t-il. "On est des meilleurs gestionnaires que l'Etat. Je vous rappelle que 80% de la dette qui asphyxie notre économie est de la responsabilité de l'Etat. On n'en a que 9,5%. Eh bien, ce sera fait au plus près de gens", ajoute-t-il.

"On est quand même passé pas loin de la catastrophe." Tandis que les garants du "grand débat" reprochent au président de la République de s'être mis trop en avant au cours de cet exercice, quitte à être accusé de faire campagne à l'approche des élections européennes, François Baroin a tenu à prendre la défense d'Emmanuel Macron. "Je me félicite que le président Macron, avec intelligence et courage, se soit appuyé sur les maires", salue-t-il.

"On est quand même passé pas loin de la catastrophe au mois de décembre. Ce qui a sauvé le président Macron, ce sont nos institutions. Tout le monde a fait preuve d'un grand esprit de responsabilité, à commencer par les maires", poursuit cet ancien soutien de François Fillon. "Nous avons appelé, nous les Maires de France, à être au côté de l'Etat pour la restauration de l'ordre républicain. On revient de très très loin", assure-t-il. "Que le président de la République se soit impliqué autant, s'appuyant sur les maires, ce qui est un grand succès pour nous de la restauration d'un dialogue républicain, à titre personnel, ça ne me choque pas", conclut François Baroin.