"Grand débat national" : que va-t-il se passer maintenant ?

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Alors qu'Emmanuel Macron adresse une lettre aux Français pour esquisser les contours du "grand débat national" qui doit s'ouvrir mardi, certains estiment que de trop nombreuses inconnues pèsent encore sur cet exercice inédit.

Six pages pour lancer le débat. Emmanuel Macron a officiellement adressé lundi matin un long texte aux Français, dont Europe 1 vous dévoilait le contenu dès dimanche soir. Le président de la République y expose sa vision du "grand débat national" qu’il a souhaité ouvrir pour mettre un terme à la crise des "gilets jaunes". Il demande notamment aux Français de s’approprier ce dialogue. Et il promet "d’en rendre compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat", à savoir le mois d'avril. Mais du côté des "gilets jaunes" comme des petits élus, le scepticisme demeure.

 

Que demandaient les Français dans les cahiers de doléances en 1789 ?Ecoutez ici le récit inédit de Fabrice d’Almeida dans "Au cœur de l’histoire".

Un texte jugé trop flou 

Dès les premières lignes, le président assure qu’il n’y aura "pas de questions interdites" dans ce débat, même s’il fixe quelques lignes rouges, expliquant par exemple, à demi-mots, ne pas vouloir revenir sur l’ISF. Pour Emmanuel Macron, ce temps doit d’abord être l’occasion d’apporter une "clarification à notre projet national et européen". Sans jamais nommer les "gilets jaunes", le chef de l’Etat appelle surtout à "transformer les colères en solutions". Pour autant, certains estiment que son propos reste encore trop général.

"Pour moi, ce n’est pas du tout concret. Il ne détaille pas comment va être synthétisé tout ça", relève ainsi auprès d’Europe 1 Cédric Guémy, l’une des figures médiatiques du mouvement des "gilets jaunes". "Tout le monde va pouvoir s’exprimer mais comment ? Ça n’est pas un cahier de doléances. Certains cahiers de doléances ont déjà été remontés par les maires au préfet. Qu’est-ce qu’il en advient ? C’est la grande question", interroge encore ce protestataire.

Quelles modalités d'organisation ? 

Techniquement, l’organisation concrète, c'est-à-dire les modalités du débat, seront présentées d’ici lundi soir par Edouard Philippe, et notamment le nom du ou des remplaçants de Chantal Jouanno. Certains responsables gouvernementaux seront en première ligne, comme Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, qui devra assurer la liaison avec les maires. Des maires qu’il va falloir rassurer, car eux aussi sont nombreux à s’interroger sur les modalités de cet exercice inédit sous la Cinquième République.

"Ni une élection, ni un référendum"

À travers les quatre grands thèmes qui doivent structurer ce débat - la fiscalité, l’Etat, la transition écologique et la démocratie -, le président pose au long de sa missive une trentaine d’interrogations qu’il juge essentielles, effectivement puisées dans les premiers cahiers de doléances. Comment rendre notre fiscalité plus juste ? Quelles économies vous semblent prioritaires ? Ou bien : quelles propositions concrètes pour accélérer notre transition environnementale ?

Le chef de l’Etat soulève aussi quelques thèmes plus délicats comme l’immigration ou la laïcité. Il promet un nouveau contrat pour la Nation, mais prend soin aussi de préciser que ce débat, qui s’ouvre mardi et qui doit se clôturer mi-mars, n’est "ni une élection, ni un référendum". Certains espéraient pourtant que le président s’engage sur un référendum. Ils ont dû être déçus.