Immigration : "Le bilan de Macron est mauvais, on attend des actes", demande Larcher

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Invité de la matinale d'Europe 1, mercredi, le président Les Républicains du Sénat Gérard Larcher a répondu à Emmanuel Macron, qui s'est exprimé sur l'immigration au micro d'Europe 1.
INTERVIEW

Sur Europe 1, Gérard Larcher s'est dit sceptique à propos des positions d'Emmanuel Macron sur l'immigration, précisées en exclusivité sur notre antenne, mercredi matin. Il a également dénoncé l'échec de la politique migratoire du chef de l'État depuis son élection en mai 2017.

Larcher fustige l'explosion des demandes d'asile

"Le bilan est mauvais, on attend des actes", demande le président Les Républicains sur notre antenne, avant de détailler ces chiffres : "Jamais autant de demandes d'asile, +22% en provenance d'autres pays européens, il n'y a que 10% des déboutés du droit d'asile qui sont reconduits à la frontière et 256.000 titres de séjour", liste Gérard Larcher.

Selon lui, "le gouvernement est passé à côté" lorsqu'il n'a pas considéré le rapport sénatorial élaboré dans le cadre de la loi Collomb, qui préconisait de "moins accueillir pour mieux accueillir", ce qu'a prôné aujourd'hui le chef de l'État sur notre antenne : "Nous devons nous organiser parce que la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien." "Tout est dans les propositions", insiste Gérard Larcher.

Supprimer Schengen, "une mauvaise chose"

Partisan d'une transformation d'une Aide médicale d'État en "Aide médicale d'urgence", Gérard Larcher voit la volonté présidentielle d'évaluer l'AME "une piste que nous [Les Républicains au Sénat] avons votée en 2018". "Je suis comme Saint-Thomas, nous allons voir sur les actes, et j'ajoute que la dimension européenne est très importante", appuie le président de la chambre haute, voyant dans la suppression de Schengen, souvent évoquée par l'extrême droite et une partie de la droite, "une mauvaise chose".

Mais au fond, pourquoi Emmanuel Macron aborde-t-il aujourd'hui le sujet de l'immigration, alors qu'un débat sur le sujet est prévu à l'Assemblée nationale, lundi ? Pour Gérard Larcher, le chef de l'État préempte cette question inflammable "pour être certain du système binaire", avec un choix entre lui et le Rassemblement national". "Mon travail politique est de proposer aux Français un espace qui rassemble le centre et la droite républicaine", répond le président LR du Sénat. "Encore faut-il que nous soyons de leur parler et de retrouver le chemin de leur confiance. Je pense qu'à gauche c'est vrai aussi pour la famille social-démocrate", conclut-il.