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Virginie Riva, édité par , modifié à
La France insoumise se réunie samedi et dimanche à Paris. Premier rendez-vous après la défaite des européennes, où le discours de Jean-Luc Mélenchon est très attendu.

Les Insoumis se réunissent tout le week-end en "assemblée représentative", à Paris. Premier grand rendez-vous post-européennes après la débâcle. Pour rappel, la liste portée par Manon Aubry a obtenu 6% des voix en mai dernier, alors que Jean-luc Mélenchon culminait encore à 19% au premier tour de l’élection présidentielle. Jean-luc Mélenchon ne s'est toujours pas exprimé sur les raisons de sa défaite alors qu'il doit faire face à de très nombreuses critiques en interne, quant à sa ligne politique, son manque de démocratie interne, à des départs aussi. Il s'exprimera donc dimanche. En attendant, que faut-il attendre de ce rendez-vous pour les Insoumis ?

Populisme contre rassemblement à gauche

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est très attendu par les militants, les cadres du parti et les médias aussi ! Car depuis un mois, c'est le silence total. Jean-luc Mélenchon l'a écrit sur son blog : il attendait "que la poussière retombe" pour s'exprimer. Ça devait être après le 6 juin et l'installation de la délégation des nouveaux députés insoumis à Bruxelles. Mais depuis, rien ! Le député de Marseille a simplement utilisé son temps de réponse à l'assemblée au discours de politique générale d'Edouard Philippe. Et l'impression qui ressort actuellement, c'est que toutes les décisions sont gelées.

Beaucoup attendent son discours de dimanche pour y voir plus clair en termes de ligne politique. Pour faire simple, deux lignes s'opposent à la France insoumise. L'une plus populiste, l'autre, portée notamment par Clémentine Autain, qui pense que la "Fi" doit être la force centrale à gauche. Dans une tribune qu'elle a publiée au lendemain des européennes, elle critique la ligne populiste du mouvement depuis un an, la tentative de récupérer notamment la colère des gilets jaunes et ce qu'elle appelle aussi la stratégie du "clash permanent".

Pour rebondir après la défaite de mai, le rendez-vous de ce week-end doit être l'occasion de définir une ligne claire pour les municipales. L'idée, c'est de favoriser partout des collectifs citoyens et de se recentrer sur les quartiers populaires, afin de reconquérir un électorat perdu.

Qui pour remplacer Manuel Bompard ?

L'autre axe de travail, c'est la réorganisation interne. Beaucoup de membres de LFI ont claqué la porte en dénonçant l'opacité totale du mouvement, comme Charlotte Girard, veuve du fils spirituel de Jean-Luc Mélenchon François Delapierre. Un départ qui pèse lourd, tout un symbole. Les mécontents dénoncent un système où il est impossible d'exprimer son désaccord.

C'est dans ce cadre que Manuel Bompard, directeur opérationnel du parti, a été remplacé. Ce dernier a été élu député européen et sera donc à Bruxelles. Mais surtout, "il est honni par les militants", dixit un cadre du parti interrogé par Europe 1, pour avoir fait "toutes les basses œuvres". En clair : toutes les décisions un peu opaques d'exclusion de certains membres comme Thomas Guénolé ou encore François Cocq.

À sa place, le mouvement a sans surprise nommé Adrien Quattenens samedi. Star montante des Insoumis, ce dernier est très proche et très en phase avec Jean-Luc Mélenchon, à tel point que celui-ci lui a donné un surnom : Saint Just, symbole de résistance. En attendant, samedi après-midi, Jean-luc Mélenchon est à Belfort avec les salariés de General Electrics menacés de plan social. 800 emplois pourraient être supprimés sur le site.