Après un nouveau rejet du Sénat, le projet de loi sur la fin de vie arrive à l'Assemblée nationale pour un vote définitif mercredi. Un calendrier accéléré voulu par Emmanuel Macron, malgré les divisions au sein de la majorité et les réserves de plusieurs parlementaires, dont Sébastien Lecornu.
La fin de vie entame une semaine décisive. Après un troisième rejet du texte par le Sénat, c'est désormais à l'Assemblée nationale que tout se jouera. Le vote définitif de la proposition de loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté est prévu mercredi prochain, au Palais Bourbon. Et ce calendrier resserré n'est pas dû au hasard, mais à Emmanuel Macron.
Étoffer le bilan de son second mandat
Le chef de l'État voulait impérativement obtenir l'adoption de la fin de vie avant la rentrée scolaire 2026, avec un seul objectif en tête : étoffer le bilan de son second mandat. Problème, la macronie est divisée sur le sujet, à commencer par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Issu des Républicains, il a régulièrement confié à ses proches être personnellement opposé à ce texte. En coulisses, le chef du gouvernement plaidait pour temporiser, quitte à reporter le vote à l'automne. Mais le président de la République a écarté sa demande.
Gérard Larcher monte au créneau
Autre point de friction pour les opposants : il concerne le fond du dossier. Car plusieurs garde-fous, comme la clause de conscience des établissements de santé, ont été retirés du texte par la gauche. Là encore, Emmanuel Macron ferme les yeux plutôt que de laisser du temps au débat, dénonce un parlementaire de droite.
Face à cela, le président du Sénat, Gérard Larcher, est monté au créneau. Si la loi est adoptée mercredi, il saisira le Conseil constitutionnel au titre de l'article 61 pour tenter de la censurer. Une menace très sérieuse qui, pour l'instant, ne semble pas freiner Emmanuel Macron.