En visite au CHU de Rouen, Emmanuel Macron est accueilli par des manifestants

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Emmanuel Macron, crédit : CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP - 1280 0:52
Emmanuel Macron a rendu visite à un service spécialisé dans le diagnostic précoce de l'autisme, jeudi. © CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP
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Lors de sa visite au CHU de Rouen, Emmanuel Macron a été accueilli par 150 à 200 manifestants qui scandaient "Résistance" ou "Macron dégonflé, on t'attend". 

Emmanuel Macron s'est rendu jeudi matin dans un service hospitalier spécialisé dans la détection précoce des enfants autistes à Rouen, devant lequel se sont rassemblés entre 150 et 200 manifestants. Le chef de l'Etat leur a demandé de distinguer les sujets.

Une visite perturbée. Ce déplacement en Seine-Maritime était organisé à la veille de la présentation par le Premier ministre Édouard Philippe du 4ème plan autisme, qui doit augmenter les moyens destinés à mieux diagnostiquer et accompagner les personnes atteintes de ce trouble neuro-développemental.

Le président est arrivé vers 10 heures dans l'unité d'intervention développementale précoce (Unidep) du CHU de Rouen. Il est accompagné de son épouse Brigitte, engagée dans l'accompagnement des autistes, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel.

"Résistance" ont crié les manifestants. À l'extérieur du CHU, des manifestants portant des drapeaux de la CGT, de SUD ou de la CFDT des services de santé ou des services territoriaux criaient : "Résistance" ou "Macron dégonflé, on t'attend". Quelques étudiants étaient parmi eux, alors que les forces de l'ordre les empêchaient d'approcher du bâtiment de pédiatrie dans lequel se trouvait le président.

Ne pas confondre les sujets. À la sortie du CHU, Emmanuel Macron s'est exprimé devant les manifestants, en les appelant à distinguer les sujets. "Je veux distinguer les sujets, avec un esprit de considération et d’efficacité. Il y a aujourd’hui des sujets sur lesquels le gouvernement a fait des annonces, et qui font l’objet de réactions, de protestations totalement légitimes, qui supposent des explications continues de la part du gouvernement", a-t-il expliqué. Ces sujets "vont continuer à vivre leur vie. Ils ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner, de continuer à prendre des décisions et de faire des choses pour des millions de nos concitoyens, comme nous sommes en train de le faire", a défendu le chef de l'Etat.

 

Une prise en charge trop faible pour les autistes

L'unité de Rouen est spécialisée dans le diagnostic précoce des troubles du spectre autistique, alors qu'il faut en moyenne un an et demi pour obtenir un diagnostic en France. "En matière de politique de l'autisme, la France n'est pas au niveau", a récemment reconnu Sophie Cluzel. Les familles concernées sont trop souvent exposées à un "parcours du combattant indigne de notre République" et "la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l'OCDE en matière de recherche", soulignait-elle.

Les "troubles du spectre de l'autisme" (TSA) atteignent "environ 1% de la population", soulignait la Cour des Comptes en janvier. Elle estimait à 700.000 le nombre de personnes concernées en France, dont 600.000 adultes, bien que ces derniers ne soient "qu'environ 75.000" à être aujourd'hui diagnostiqués.