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Emmanuel Macron prône l'inéligibilité des élus coupables d'«actes et propos antisémites et racistes»

[Hans Lucas/AFP]

Lors de l'hommage à Ilan Halimi, jeune homme de 23 ans tué il y a 20 ans sur fond d'antisémitisme, Emmanuel Macron a prôné l'inéligibilité des élus coupables d'"actes et propos antisémites et racistes". 

Il y a vingt ans, jour pour jour, Ilan Halimi était retrouvé agonisant après avoir été séquestré et torturé pendant plusieurs jours. Ce vendredi 13 février, Emmanuel Macron a présidé une cérémonie d’hommage en présence de la famille du jeune homme, rappelant que le combat contre l’antisémitisme demeure plus que jamais d’actualité.

Renforcer la responsabilité des élus

Lors de son discours, le chef de l’État a exprimé son souhait d’instaurer une "peine d’inéligibilité obligatoire" pour les élus reconnus coupables "d’actes et de propos antisémites, racistes et discriminatoires". Les responsables politiques doivent être "des sentinelles de la République", a-t-il affirmé.

Il a également estimé que "trop souvent, les peines prononcées contre les auteurs de délits et crimes antisémites semblent dérisoires". Afin de garantir "la transparence et la vérité", il a proposé la mise en place d’un suivi précis des peines et des sanctions. Le président a par ailleurs assuré que le gouvernement et le Parlement travailleraient à un renforcement de la pénalisation des actes antisémites et racistes, sans donner davantage de précisions.

"La république est indéracinable"

Pour marquer symboliquement cet hommage, un chêne a été planté dans les jardins de l’Palais de l'Élysée. Il s’agit d’un chêne sessile, un arbre pouvant vivre jusqu’à mille ans. "La République est indéracinable, et la mémoire d’Ilan Halimi survivra", a déclaré Emmanuel Macron, dans un discours volontariste appelant à la mobilisation face à "l’hydre antisémite" qui, selon lui, s’est immiscée dans les interstices de la société depuis vingt ans.

Détaillant les différentes formes d’antisémitisme, le président a notamment insisté sur ses racines politiques : "L’antisémitisme d’extrême gauche, qui veut substituer à la lutte des classes une supposée lutte des races dans de glaçants amalgames, le dispute à celui de l’extrême droite et à ses clichés sur la puissance et la richesse."

École, justice, État, gouvernement : face à l’antisémitisme, Emmanuel Macron a appelé à une mobilisation générale de toutes les forces de la République.