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Affaire Ilan Halimi : 20 ans après, 73% des 18-24 ans n’en ont jamais entendu parler

[Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Vingt ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, une étude de l’UEJF avec l’IFOP révèle un inquiétant recul de la mémoire de l’affaire et une persistance des préjugés antisémites, notamment chez les plus jeunes.

20 ans jour pour jour. Le 13 février 2006, Ilan Halimi, un jeune Parisien de 23 ans, était retrouvé agonisant près d’une voie de chemin de fer après avoir subi 24 jours de torture parce qu’il était juif. Peu de temps après, il mourra à l'hôpital.

Ses ravisseurs, appelés le "gang des barbares", ont été arrêtés et condamnés. Cette affaire d’une cruauté terrible avait suscité une vive émotion et montrait l’importance de lutter contre l’antisémitisme en France.

Pourtant, 20 ans après l’assassinat, une étude commandée par l’UEJF, avec l’IFOP, fait état d’une négation de l’antisémitisme et d’un recul de la mémoire.

Des préjugés très ancrés

Près de la moitié des Français interrogés pour ce sondage déclarent n’avoir jamais entendu parler de l’affaire Ilan Halimi, notamment chez les 18-24 ans, où 73% d'entre eux n'ont jamais appris l'existence de ce fait divers.

Ce qui inquiète Yossef Murciano, président de l’Union des Étudiants Juifs de France. "L'affaire Ilan Halimi, c'est l'affaire des préjugés antisémites qui tuent. Ilan Halimi, il a été choisi puis torturé parce qu'il est juif. La France n'est pas consciente des conséquences négatives que peuvent avoir des préjugés antisémites", déplore-t-il.

Des préjugés sont encore très ancrés, tels que "les juifs sont plus riches que la moyenne" ou encore "qu’ils sont solidaires entre eux". Un Français sur deux adhère à au moins un préjugé antisémite.

Une banalisation portée par La France insoumise

Un quart estime même que les personnes d’origine juive en font trop avec l’antisémitisme. Le résultat malheureux d’une banalisation portée par La France insoumise, selon Yossef Murciano : "La parole politique de Mélenchon, quand il pointe du doigt l'instrumentalisation de l'antisémitisme, quand il répète à tout bout de champ qu'il est accusé d'antisémitisme, ça a une conséquence sur ses sympathisants."

Un discours couplé à une campagne pro-palestinienne et anti-Israël depuis deux ans, qui touche surtout les 18-35 ans. L’étude révèle que plus une personne est jeune, moins l’existence d'Israël est perçue comme légitime.