Échanges tendus entre Emmanuel Macron et les membres de la Convention climat

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Emmanuel Macron a rencontré pour la troisième fois, lundi, la Convention citoyenne pour le climat. 2:00
Emmanuel Macron a rencontré pour la troisième fois, lundi, la Convention citoyenne pour le climat. © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP
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Le président Emmanuel Macron s'est rendu devant la Convention citoyenne pour le climat, lundi en fin d'après-midi, accompagné de plusieurs ministres. Il a été confronté à des membres qui lui reprochent d'"édulcorer les propositions" qui ont été faites. Le président s'est justifié en rétorquant qu'"aucun gouvernement n’avait fait autant pour l’écologie". 

"Les choix pris pour l'écologie doivent être acceptables par les Français", a prévenu lundi Emmanuel Macron en lançant sa rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), sur fond de craintes d'un possible détricotage de leurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les discussions ont été difficiles, face à des citoyens qui clament que le gouvernement ne prend pas en compte leurs propositions

Une rencontre organisée pour discuter des "derniers" arbitrages sur la rénovation énergétique des bâtiments ou une limitation de la publicité, par exemple, avant le projet de loi climat qui devrait voir le jour fin janvier. 

"Aucun gouvernement n’avait fait autant pour l’écologie"

Ce sont plusieurs heures de "discussion franche et directe" qui était prévues et cela n'a pas manqué. Le dialogue s'est envenimé entre le président Macron et les membres de la Convention citoyenne pour le climat. Les citoyens ont demandé, lundi, au président de la République, pourquoi il a "édulcoré les propositions faites par la Convention citoyenne". L'une des membres a notamment demandé à aller plus loin dans le malus pour les véhicules polluants.

Le président s'est défendu en expliquant que plus de 50 mesures de la Convention citoyenne pour le climat ont déjà été prises. Emmanuel Macron a tenté de rappeler les efforts du gouvernement, comme "la lutte contre l'artificialisation des sols" ou encore "la fin des vols domestiques". Il s'est justifié : "aucun gouvernement n’avait fait autant pour l’écologie. Est-ce suffisant ? Non. Faut-il faire plus ? Oui. Si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050, il nous faut avoir une courbe qui est plus ambitieuse sur les dix prochaines années".  

Emmanuel Macron s'était engagé en juin à reprendre "sans filtre" 146 des 149 propositions de la Convention citoyenne, visant à réduire d'au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France "dans un esprit de justice sociale". Mais il a précisé lundi l'expression "sans filtre" par "l'idée qu'on va au bout de chaque proposition que vous avez faite (...), dans le dialogue". 

Les efforts du président sont tombés à plat jusqu'ici

Emmanuel Macron est donc bien décidé à ne plus endosser l’image du président inactif sur le climat. "Je ne crois à aucune des thèses de l'extrême. Ceux qui disent que tout a déjà été fait, que l'on pourrait déjà s'arrêter ont tort. Ceux qui disent que rien n'a été fait, qui disent que le travail de la Convention est à mettre à la poubelle ont au moins autant tort. Au fond, si l'on remet en cause telle ou telle mesure de cette convention, elle n'aura servi à rien. Il n'y a pas de précédent à ce niveau de complexité de ce que nous sommes en train de faire", a répondu le président. 

Le chef de l'Etat a également insisté sur la nécessité de prendre en compte l'impact économique et social de la pandémie de Covid-19 pour mener la transition écologique. Avec cette crise, "on ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé" depuis son premier débat, en janvier dernier, avec les 150 citoyens qui doivent terminer leur mission début 2021.

C'était la troisième fois qu’Emmanuel Macron rencontrait la convention citoyenne pour le climat. Mais jusqu'ici, tous les efforts du président tombaient à plat, quoi qu’il dise et quelles que soient les réformes du gouvernement. Car c’est comme si le président ne parvenait pas à se débarrasser du soupçon d’inaction climatique créé par le départ fracassant de Nicolas Hulot, il y a maintenant deux ans. 

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Manon Bernard avec AFP