Débat VGE-Mitterrand de 1981 : le "coup bas" que personne n'a vu

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Le deuxième tour de l'élection présidentielle de 1981 a opposé Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand. Et il fallait être bien informé pour comprendre tout ce qui s'est dit lors du débat d'entre-deux-tours.
INTERVIEW

Nous sommes le 9 mai 1981, veille du deuxième tour de l'élection présidentielle qui oppose alors Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand. Ce jour-là, le premier est dans son château de Chanonat dans le Puy-de-Dôme lorsqu'il entend un hélicoptère. A son bord ? François Mitterrand. Il vient à Clermont-Ferrand passer la nuit avec sa maîtresse, Anne Pingeot, dans la propriété de la famille Pingeot, "très connue dans la région", explique Patrice Duhamel, co-auteur du livre Les jours d'après avec Jacques Santamaria.

"Une ville que vous connaissez bien Monsieur Mitterrand." Cette liaison entre son concurrent et Anne Pingeot avait justement fait l'objet d'une remarque aussi habile qu'acerbe de la part de VGE lors du débat d'entre-deux tours, "quelques jours avant" (le 5 mais 1981, ndlr). "A un moment du face-à-face, très peu de gens ont compris, Giscard parle de Clermont-Ferrand dans l'un de ses développements et dit à Mitterrand : 'Une ville que vous connaissez bien Monsieur Mitterrand'", se rappelle Patrice Duhamel dans Hondelatte raconte sur Europe 1.

"Il était intéressant de voir au cours de ce débat de l'entre-deux-tours, lorsque Giscard, mine de rien, dit : 'Prenons une ville au hasard, une ville que vous connaissez bien et que je connais bien aussi, Clermont-Ferrand.' Il y a un plan de coupe sur Mitterrand à ce moment-là. On se demande comment il va réagir, il ne s'y attendait pas. Plus tard, il dira qu'il l'a ressenti un petit peu comme un coup un peu bas", poursuit Jacques Santamaria.

Le message caché de VGE à Mitterrand. En agissant de la sorte, Valéry Giscard d'Estaing voulait envoyer un message très clair à François Mitterrand, explique Patrice Duhamel : "Pas d'attaques personnelles, sinon j'en balance une." Une phrase qui prend tout son sens aujourd'hui, alors que cette liaison entre Anne Pingeot et celui qui a finalement remporté l'élection présidentielle, est désormais connue du grand public. A l'époque, il fallait faire partie des rares initiés pour comprendre le véritable sens de cette phrase.

Europe 1
Par G.D.