Cumul des mandats : vif échange entre Darmanin et son adversaire RN à Tourcoing

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Darmanin 1:17
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a été élu maire de Tourcoing (Nord) dès le premier tour avec 60,88% des votes. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Alors que plus de 30.000 conseils municipaux s'installent depuis samedi matin, la prise de fonction du ministre Gérald Darmanin, élu maire de Tourcoing, a tourné à la passe d'armes entre l'édile et son adversaire du Rassemblement national, Rémi Meurin. En cause : le cumul des mandats du ministre de l'Action et des comptes publics.

La vie politique reprend. Les conseils municipaux entrent en fonction dans plus de 30.000 villes depuis samedi matin, et ce jusqu'à jeudi, désignant les maires et leurs adjoints. Parmi les premiers à avoir pris leurs fonctions, Gérald Darmanin a été élu maire de Tourcoing (Nord) lors d'un conseil municipal à huis clos, mais diffusé en direct sur les réseaux sociaux.

Contrairement à la règle sur le cumul des mandats, celui-ci a été autorisé à cumuler les casquettes de ministre et de maire, ce qui a donné lui un échange assez vif avec Rémi Meurin, du Rassemblement national.

"Vous avez menti consciemment aux électeurs"

"Maire ou ministre, il faut choisir Monsieur Darmanin", a lancé Rémi Meurin lors du conseil municipal de Tourcoing. "Pendant cette campagne, vous avez menti consciemment aux électeurs parce que vous restez ministre... Maire à temps partiel, ministre à temps partiel".

Gérald Darmanin retrouve en effet un siège qu'il a déjà occupé entre 2014 et 2017 avant de quitter ses fonctions pour entrer au gouvernement. Il entend ainsi cumuler les deux fonctions, s’affranchissant ainsi de la règle en vigueur depuis 1997, selon laquelle un ministre ne peut être à la tête d’un exécutif local.

"Le parti que vous représentez (...) sera toujours un ennemi"

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, élu maire de la ville dès le premier tour avec 60,88% des votes, a immédiatement répondu à cette attaque. "Malheureusement, je crois, Monsieur Meurin, que le parti que vous représentez, pour mon pays, pour ma ville, sera toujours un ennemi", a-t-il asséné à son adversaire, arrivé quatrième lors du scrutin avec 8,39% des voix.

"J'espère que les Tourquennois verront à quel point votre parti se moque des petites gens et ne vit que des problèmes", a-t-il abondé. "Et quand il y a moins de problèmes - et j'ai tendance à croire que c'était le cas à Tourcoing aux dernières élections municipales - il y a moins de vote pour vous, donc je vous souhaite, Monsieur Meurin, d’avoir de moins en moins de problèmes sur lesquels vous puissiez surfer, vous et vos idées mortifères".

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Pauline Rouquette