Benalla à nouveau auditionné au Sénat : "Nous cherchons la vérité, les dysfonctionnements", explique Jean-Pierre Sueur

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Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, est revenu dimanche, au micro d'Europe 1, sur le rôle de cette commission et les points qu'il lui reste à éclaircir.
INTERVIEW

Alexandre Benalla s'apprête à passer une seconde fois sur le gril, lundi. L'ancien collaborateur de l'Élysée sera face aux sénateurs de la commission d'enquête parlementaire. Celui qui est actuellement mis en examen, à la fois pour les violences commises le 1er mai 2018 à Paris et pour l'utilisation indue de passeports diplomatiques, devra répondre aux questions, notamment de Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur de cette commission d'enquête sénatoriale. Et celui-ci a prévenu, dimanche, sur Europe 1 : "Nous [en] avons beaucoup à poser."

Passeports diplomatiques. Trois points restent notamment à éclaircir. Sur la question des passeports, Alexandre Benalla avait indiqué le 19 septembre à ces mêmes sénateurs les avoir rendus après son licenciement de l'Élysée. Lorsqu'a été révélé qu'il en avait utilisé pour se rendre au Tchad en fin d'année, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron a soutenu qu'un agent élyséen les lui avaient remis.

Mais la semaine dernière, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, puis le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ont confirmé qu'Alexandre Benalla avait utilisé indûment ses passeports dès le mois d'août. A-t-il menti devant la commission d'enquête sénatoriale ? "Nous cherchons la vérité, les dysfonctionnements", a expliqué Jean-Pierre Sueur. 

"Procédure contradictoire". Autre interrogation : comment Alexandre Benalla s'est-il procuré son dernier passeport diplomatique, alors que la demande a été faite auprès du ministère des Affaires étrangères au moment où il était suspendu de ses fonctions, fin mai 2018 ? Selon le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, cette initiative était individuelle, et a été faite grâce à l'usage d'un faux, en se servant sans autorisation du papier à en-tête de la chefferie de cabinet. Jean-Pierre Sueur veut désormais que le principal intéressé réponde à ces accusations. "Nous respectons la procédure contradictoire", a-t-il déclaré. 

"Heureusement que le Sénat existe". Enfin, Alexandre Benalla "avait un téléphone hyper-sécurisé" lorsqu'il était à l'Élysée, a rappelé le co-rapporteur de la commission. "Il est parti et n'a rien rendu du tout. Tout ça montre qu'il y a eu un dérèglement de la machine, comme si toute une série de choses s'étaient mises à dysfonctionner."

Reste à savoir comment concilier cette enquête parlementaire et celle de la justice en respectant la stricte séparation des pouvoirs. La commission empiète-t-elle sur le terrain des juges ? "Complètement faux, archi-faux", a tranché Jean-Pierre Sueur, qui a assuré que les sénateurs respectaient "le cadre strict du champ qui est le [leur]". "Nous ne condamnons personne. Heureusement que le Sénat existe, car la commission d'enquête de l'Assemblée nationale a explosé en vol."