"Nous ne pouvons pas être efficaces en stigmatisant une partie de nos concitoyens", estime Sébastien Lecornu après l'attaque de Bayonne

, modifié à
  • A
  • A
6:17
© Europe1
Partagez sur :
Après l'attaque de la mosquée de Bayonne, Sébastien Lecornu, ministre en charge des collectivités territoriales, a réagi mardi sur Europe 1.
INTERVIEW

Lundi après-midi, la mosquée de Bayonne a été prise pour cible par un homme de 84 ans qui a d'abord tenté d'incendier la porte de la mosquée, avant de s'en prendre à deux fidèles en leur tirant dessus. Les deux victimes, gravement blessées par balles, âgées de 74 et 78 ans, ont été évacuées vers le centre hospitalier de Bayonne, a précisé la préfecture.

Le tireur présumé, Claude Sinké, 84 ans, a reconnu en garde à vue être l'auteur des tirs. Il a été candidat du Front national (FN) en 2015 aux élections départementales des Landes, canton de Seignanx, mais selon Jacques Leclercq, délégué adjoint landais du Rassemblement national (RN), il avait été "écarté du parti" après ces élections, sans donner plus de précisions.

"Il faut une action résolue mais efficace"

Interrogé sur Europe 1 mardi, Sébastien Lecornu, ministre en charge des collectivités territoriales, a déclaré : "Il faut une action résolue mais efficace. Nous ne pouvons pas être efficaces en stigmatisant une partie de nos concitoyens".

Le ministre défend l'approche d'Emmanuel Macron : "Le président de la république essaie de redécouper ce débat en trois parties car, s'il peut y avoir des liens entre les trois parties, ce sont des réponses différentes. Il y a d'une part la radicalisation, d'autre part la laïcité et enfin le communautarisme".

Radicalisation, laïcité et communautarisme

Le ministre en charge des collectivités territoriales détaille les trois parties. D'une part la radicalisation appelle une réponse autant "sécuritaire" que de "psychiatrie publique" et de "vigilance des collectivités territoriales, des partenaires sociaux et peut-être même d'une partie de nos concitoyens".

La question de la laïcité concerne l'organisation des cultes : "La loi de 1905, c'est aussi la police du culte". Aujourd'hui, cela interroge la manière dont "l'islam de France doit s'organiser". Enfin, la question du communautarisme, un sujet qui est plus "délicat et pernicieux", est "plus politique aussi et dont l'islam n'est souvent qu'un prétexte", estime Sébastien Lecornu.

Europe 1
Par Europe1.fr