Affaire Benalla : pour Olivier Faure, "tout remonte forcément à l'Elysée"

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Au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, le patron du PS estime que l'affaire Benalla "fait du mal à la démocratie".

INTERVIEW

Alexandre Benalla est auditionné mercredi par la Commission d'enquête du Sénat. L'ancien chargé de mission de l'Elysée, qui a d'abord tenté d'éluder la convocation des élus, doit notamment être interrogé sur ses attributions auprès du président de la République, alors que son implication dans des violences à Paris le 1er mai dernier fait déjà l'objet d'une enquête judiciaire.

Avec cette affaire, l'opposition s'est taillée un angle d'attaque de choix contre Emmanuel Macron, tandis que la majorité reproche aux sénateurs d'empiéter sur les prérogatives de la justice, et donc de menacer la séparation des pouvoirs. "Je ne crois pas que cette affaire fasse du bien à qui que ce soit. Elle fait du mal à la démocratie", a estimé mercredi Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1.

"Au fond, rien n'a changé". "Ce que l'on observe aujourd'hui, c'est que l'on a un clan au pouvoir qui se défend par tous les moyens, mais qui refuse de faire place à la vérité", déclare le député de la Seine-et-Marne. "Il est quand même insensé de voir un président de la République appeler le président du Sénat pour lui dire 'stop, arrêtez d'enquêter sur Alexandre Benalla'", relève-t-il. L'élu fait ainsi référence à une information de L'Obs, selon laquelle Emmanuel Macron se serait ému auprès de Gérard Larcher d'un "déséquilibre institutionnel", provoqué par la volonté de la commission d'enquête sénatoriale d'auditionner Alexandre Benalla, déjà visé par l'enquête préliminaire du parquet de Paris.

"Tout remonte forcement à l'Elysée : le choix de Benalla, le choix de le couvrir, et le choix de faire mentir l'état pour le couvrir", pointe encore Olivier Faure, pour qui cette affaire met à mal l'exemplarité revendiquée par le président pendant sa campagne. "Au fond, rien n'a changé."

 

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De nombreuses questions sans réponses. Olivier Faure attend de la commission d'enquête sénatoriale qu'elle fasse surtout la lumière sur les dysfonctionnements institutionnels relatifs à cette affaire. "J'aimerai comprendre quel était son rôle réel. Pourquoi est-ce qu'il avait un passeport diplomatique alors qu'il était censé s'occuper de la sécurité, pourquoi avait-il un port d'arme, pourquoi était-il le 1er mai dans cette manifestation avec un talkie-walkie, à qui était-il relié ? Toutes ces questions restent en suspens", déplore le socialiste, tandis que les sénateurs, au risque de briser le secret de l'enquête judiciaire, ne pourront pas interroger Alexandre Benalla sur ce qui s'est passé pendant la Fête du travail.

Olivier Faure veut également comprendre "pourquoi Alexandre Benalla n'a pas été sanctionné". "C'est quand même ça la vérité […], il a continué, comme avant, à avoir les mêmes fonctions", s'agace-t-il. "Il était dans toutes les opérations qui ont suivi, il a même été promu, il a obtenu un logement de fonction au lendemain de sa sanction", veut-il rappeler. "Franchement, de qui se moque-t-on ?", conclut, agacé, le patron du PS.