Municipales : la gauche n'a pas encore (totalement) remporté Marseille

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Novice en politique, l'écologiste Michèle Rubirola a réussi à mettre en difficulté la droite à Marseille. © Nathalie Chevance pour Europe 1
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En récoltant 42 sièges de conseillers municipaux sur 101, l'union de gauche emmenée par Michèle Rubirola a réussi à passer devant la droite à Marseille. Mais d'ici l’élection officielle devant le conseil municipal, l'écologiste va devoir nouer des alliances pour constituer une majorité suffisamment large pour pouvoir diriger la cité phocéenne.

L’un des coups de tonnerre du second tour des municipales est venue de Marseille : même si elle ne dispose que d'une majorité relative et que la droite est encore loin de s'avouer vaincue, Michèle Rubirola, tête de liste écologiste d'une union de gauche baptisée le Printemps marseillais, a gagné son pari en finissant largement devant la candidate LR, Martine Vassal, sur l'ensemble de la ville. Mais l'élection se faisant par secteur à Marseille, comme à Paris et à Lyon, Michèle Rubirola doit encore être adoubée par un conseil municipal qui s'annonce toutefois très incertain.

Il s’agit d’un cruel revers pour l'héritière de Jean-Claude Gaudin, qui a même fini derrière la candidate du Printemps marseillais Olivia Fortin dans son propre secteur de la ville, là où son mentor était régulièrement élu dès le premier tour. Sur l'ensemble de la deuxième ville de France, Michèle Rubirola, 63 ans et novice en politique, finit avec 38,3% des voix, soit huit points devant Martine Vassal. Elle glane ainsi 42 sièges de conseillers municipaux sur 101, au terme d'un scrutin marqué par un taux d'abstention de 64,75% et d'une campagne plombée par les soupçons de fraude aux procurations côté LR.

"La droite n'est plus en mesure de gouverner cette ville"

Mais dimanche soir, Michèle Rubirola a reconnu n'avoir obtenu qu'une "victoire relative", tout en soulignant que la droite, arrivée derrière son mouvement, n'était "plus en mesure de gouverner la ville". "Cette victoire ne nous offre qu'une majorité relative en sièges, fruit d'un système électoral par secteurs qui est un contresens démocratique", a-t-elle déclaré. "C'est une victoire relative pour nous mais c'est une défaite pour la droite, la droite n'est plus en mesure de gouverner cette ville", a-t-elle ajouté. Le Printemps marseillais devra donc nouer des alliances s’il espère diriger la ville. Les tractations avec les adversaires seront incontournables s’ils veulent construire une plus large majorité d’ici le troisième tour : l’élection du maire par le conseil municipal.

Malgré tout, les soutiens du Printemps marseillais espère une nouvelle façon de faire de la politique. "On va apprendre en marchant. Tout n’est pas acquis. Le plus important, c’était de changer les choses. On était en maltraitance depuis 25 ans", résume ainsi un soutien de Michèle Rubirola au micro d'Europe 1.

Une semaine de tractations

"Je n'ai pas perdu, ce soir il n'y a pas de majorité à Marseille", mais une "situation de blocage", a pour sa part clamé Martine Vassal, laissant présager d'une semaine de lutte d'influence acharnée d'ici à la première réunion du nouveau conseil, probablement vendredi. Ainsi, Lionel Royer-Perraut, colistier de Martine Vassal, veut encore croire aux chances de victoire : "Il n’y a pas de défaite, il y en aurait une si la gauche avait eu une majorité absolue, ce qui n’est absolument pas le cas." Même son de cloche du côté des militants : "On n’a pas perdu, on a fait une belle campagne. On ne lâche rien !", avertit une électrice de droite.

Europe 1
Par Nathalie Chevance et Stéphane Frangi avec AFP