Sur le plateau d'Eliott Deval et vous, le journaliste police-justice d'Europe 1 William Molinié est revenu sur le revirement de la juge d'instruction dans l'affaire Thomas à Crépol. Il explique que cette évolution s'appuie sur plusieurs témoignages versés au dossier par les parties civiles.
William Molinié a détaillé, au micro d'Eliot Deval et vous, la procédure qui a conduit la juge d'instruction à requalifier les mises en examen dans l'affaire Thomas à Crépol, avec le racisme antiblanc et antifrançais retenu contre les suspects. Selon lui, le tournant intervient après un premier avis de fin d'information rendu en mai, dans lequel les magistrats demandaient au parquet et aux différentes parties de formuler leurs observations.
Le parquet avait alors requis le renvoi de 11 mis en examen devant la cour d'assises en retenant la circonstance aggravante de la bande organisée, mais sans celle du racisme antiblanc. Entre-temps, "un avocat dans un mémoire d'une trentaine de pages" a recensé "14 témoins" ayant rapporté des propos ou des faits susceptibles de justifier cette qualification.
"On est là pour planter des Blancs"
Parmi ces éléments figure notamment un témoignage jugé important. "Il y a un témoin dans le dossier qui dit avoir entendu au moment de la scène ces propos : 'On est là pour planter des Blancs'", explique le journaliste. Selon lui, c'est sur cette base que l'avocat a soutenu "qu'on ne peut pas ne pas retenir cette circonstance aggravante parce que cela figure dans le dossier".
À la suite de ces observations, la juge a rendu un second avis de fin d'information, le 20 juillet, retenant que les faits ont été commis "à raison de leur appartenance à la race blanche et à la nation française".
William Molinié estime désormais que "ce qui va être intéressant à suivre, c'est la position du parquet", qui devra dire s'il maintient ou non son désaccord avec cette nouvelle qualification.