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L'ex-anesthésiste Frédéric Péchier devant la justice pour demander sa remise en liberté

[ARNAUD FINISTRE / AFP]

La cour d’appel de Besançon examinera ce mercredi la demande de remise en liberté de Frédéric Péchier, l’ex‑anesthésiste condamné en première instance à la perpétuité pour l’empoisonnement de 30 patients. Toujours convaincu de son innocence, il espère retrouver la liberté en attendant son procès en appel, tandis que le parquet s’oppose fermement à sa sortie.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon étudiera ce mercredi la requête déposée par Frédéric Péchier, l’ancien anesthésiste condamné en décembre à la réclusion criminelle à perpétuité en première instance pour l’empoisonnement de 30 patients. L’homme de 54 ans, qui continue de nier les faits, espère retrouver la liberté dans l’attente d’un nouveau procès. Sitôt sa condamnation prononcée, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, le médecin avait fait appel et sollicité sa remise en liberté, lui qui avait comparu libre durant toute la procédure, une situation singulière au regard de la gravité des accusations.

Reconnu coupable après plus de huit ans d’enquête et trois mois et demi d’audiences, il a été incarcéré à la maison d’arrêt de Besançon. Son avocat, Me Randall Schwerdorffer, a indiqué que son client serait extrait de sa cellule pour assister à l’audience publique. La défense demandera une libération sous contrôle judiciaire, avec l’option d’une assignation à résidence sous bracelet électronique.

"On ne peut pas imaginer que Monsieur Péchier se balade comme ça tranquillement dans Besançon" 

La décision pourrait être rendue dès ce mercredi ou être mise en délibéré.
Lors de l’instruction ouverte en 2017, Frédéric Péchier avait été soumis à un strict contrôle judiciaire, l’obligeant notamment à quitter Besançon pour s’installer chez ses parents à Poitiers. Le parquet, de son côté, compte requérir son maintien en détention, invoquant plusieurs risques : tentative de suicide, fuite, pression sur les témoins, mais aussi trouble à l’ordre public. "On ne peut pas envisager que Péchier se balade comme ça tranquillement, libre, dans Besançon et continue à toiser les victimes", estime Me Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles, pour qui la détention assure également la présence de l’accusé au procès en appel.

L’ancien anesthésiste a déjà tenté de mettre fin à ses jours à deux reprises, en 2014 et 2021. Au terme d’un procès marqué par une forte émotion, il a été reconnu coupable d’avoir volontairement altéré des poches de perfusion afin de provoquer arrêts cardiaques ou hémorragies chez des patients opérés par d’autres praticiens. Des actes commis entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon. Les victimes avaient entre 4 et 89 ans

La défense réclame un renvoi à Paris ou à Lyon

Durant le procès, l’ex‑médecin avait reconnu qu’un empoisonneur avait agi dans l’une des cliniques, tout en continuant d’affirmer qu’il n’en était pas l’auteur. Il entend désormais défendre à nouveau cette version devant la cour d’appel. La date et le lieu du futur procès n’ont pas encore été fixés, la présence de près de 200 parties civiles compliquant son organisation. La cour d’appel de Besançon a sollicité une dérogation pour maintenir le dossier dans la même ville, contrairement aux règles habituelles.

Me Berna soutient lui aussi cette option, souhaitant que les magistrats déjà familiers du dossier puissent poursuivre l’accusation et que les parties civiles puissent aisément assister au procès. La défense, en revanche, réclame un renvoi à Paris ou à Lyon, estimant qu’un procès équitable serait impossible à Besançon. La Cour de cassation devra trancher ce point.