Suspect clé du casse du Louvre, Abdoulaye N., 39 ans, est jugé à Bobigny pour une dégradation de 2019. Détenu et absent à l'audience, il refuse la visioconférence. Déjà mis en examen pour le vol des joyaux estimés à 88 millions d’euros, son ADN avait été retrouvé sur place.
L'un des suspects-clés du spectaculaire casse du Louvre, Abdoulaye N. - alias "Doudou cross bitume" sur les réseaux sociaux - comparaît vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny, pour une tout autre affaire de dégradation datant de 2019.
Ce petit procès avait été renvoyé, le 5 novembre, à la demande de ses avocats, dont Me Maxime Cavaillé qui avait invoqué "des faits anciens" et la nécessité d'assurer "la sérénité des débats". Le prévenu était alors absent et avait refusé sa comparution par visioconférence.
Jugé pour la dégradation d'un miroir dans un commissariat
Déjà connu par la police pour des vols aggravés, Abdoulaye N., 39 ans, doit être finalement jugé pour la dégradation d'un miroir dans un commissariat de Seine-Saint-Denis remontant à 2019.
"Il ne sera pas extrait" de la cellule de l'établissement pénitentiaire où il se trouve en détention provisoire, a assuré avant l'audience Me Cavaillé, estimant qu'"il ne devrait pas non plus être (entendu) en visioconférence".
De nombreux journalistes étaient présents à la première audience de novembre, l'homme étant soupçonné d'avoir participé, deux semaines auparavant, le 19 octobre, à ce que des médias ont baptisé le "casse du siècle", au musée du Louvre à Paris.
Le butin est toujours recherché
Des malfrats, se faisant passer pour des ouvriers en gilet jaune, avaient alors été filmés en train de dérober, en une poignée de minutes, des joyaux de la Couronne. Un simple monte-charge leur avait permis d'accéder à la Galerie d'Apollon, en plein jour.
Le butin, huit joyaux de la Couronne, estimé à 88 millions d'euros, n'a toujours pas été retrouvé.
L'ADN d'Abdoulaye N. avait été découvert notamment sur une vitrine fracturée. Et dans ce dossier du cambriolage du Louvre, il a été mis en examen notamment pour "vol en bande organisée" et "association de malfaiteurs".
Son profil, comme celui de son complice présumé, un ancien livreur, ne correspondent pas à ceux que "généralement on associe au haut du spectre de la criminalité organisée", avait souligné la procureure de Paris Laure Beccuau.
L'homme avait auparavant acquis une petite notoriété sur les réseaux en conjuguant performances physiques et culture du moto-cross, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis): sur la plateforme TikTok comme sur Instagram, il se présentait comme "la légende" du "cross bitume 93 Aubervilliers".