Plus de trente ans après la disparition de Lydie Logé dans l’Orne, Monique Olivier doit être transportée cette semaine sur les lieux pour participer à de nouvelles recherches et à une possible reconstitution. Une étape décisive dans une affaire relancée grâce à l’ADN et désormais suivie par le pôle “cold cases” de Nanterre.
De nouvelles investigations doivent se tenir cette semaine dans l’Orne pour tenter de retrouver le corps de Lydie Logé, disparue en 1993. Selon l’avocate de la famille, Me Corinne Herrmann, Monique Olivier - ex-femme du tueur en série Michel Fourniret et mise en examen dans ce dossier - sera transportée sur place pour participer à plusieurs actes judiciaires.
“C’est une semaine prévue pour des interrogatoires et si évidemment il y a quelque chose de plus précis, ce n’est pas impossible qu’ils (les enquêteurs) fassent des repérages, voire qu’ils sondent. Il y aura aussi une reconstitution criminelle”, a-t-elle expliqué, confirmant une information du Parisien.
"Un acte fort"
La reconstitution, présentée par l’avocate comme “un acte fort”, pourrait se dérouler jeudi, même si le calendrier reste susceptible de changer. “Ça veut dire qu’on remet sur les lieux celui ou celle qu’on pense être l’auteur des faits”, ajoute Me Herrmann. Le maire de Boischampré, Michel Lerat, a d’ailleurs indiqué avoir été contacté par la gendarmerie pour une opération potentiellement prévue mercredi et jeudi dans la commune.
Lydie Logé, alors mère d’un enfant de sept ans, s’était volatilisée le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet après une séance de courses de Noël. Deux enquêtes successives n’avaient rien donné avant d’être clôturées par des non‑lieux. Le dossier a été relancé en 2018 grâce à des correspondances ADN entre des traces retrouvées dans la camionnette de Michel Fourniret et l’ADN de la mère de la victime.
Monique Olivier avait déjà participé à des fouilles en janvier 2025
Les recherches se sont intensifiées ces dernières années. En octobre, la gendarmerie de l’Orne avait lancé sur Facebook un appel à témoins pour localiser une cavité rocheuse où la dépouille pourrait avoir été dissimulée. En janvier 2025, Monique Olivier -aujourd’hui âgée de 77 ans - avait déjà participé à des fouilles, notamment dans des carrières, sans résultat.
Condamnée deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans plusieurs meurtres, dont celui d’Estelle Mouzin, Monique Olivier a été mise en examen en janvier 2021 pour complicité d’arrestation, d’enlèvement, de détention ou de séquestration arbitraire dans l’affaire Logé. L’instruction est désormais menée par le pôle spécialisé dans les “cold cases” de Nanterre, dont le parquet n’a pas souhaité commenter l’avancée du dossier.