Le projet de loi d'urgence agricole a été définitivement adopté ce mardi par le Parlement. Ce texte prévoit notamment la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide largement contesté mais qui représente une aubaine pour les agriculteurs.
La loi d'urgence agricole a été votée ce mardi pour venir en aide aux agriculteurs. Elle prévoit notamment la réintroduction, à titre dérogatoire pour certaines filières, de deux pesticides, dont l'acétamipride.
Une souplesse réclamée de longue date par les producteurs de betteraves notamment, comme par Amaury Le Vesque, agriculteur dans l'Eure et président de l'antenne locale de la FNSEA.
Des champs comme brûlés
"Là, vous avez une passerelle de betteraves qui est touchée par la jaunisse", pointe du doigt Amaury Le Vesque, dans son véhicule qui arrive aux abords de son champ. Large de 14 hectares, tous les légumes semblent comme brûlés par le soleil, mais sont en réalité contaminés par les insectes.
"Toutes les tâches jaunes que vous voyez là, c'est de la jaunisse nanisante et c'est contracté par le puceron, l'un des principaux nuisibles de la betterave". Or cette année a été particulièrement difficile pour l'agriculteur car "elle a été riche en pucerons et on n'a pas les moyens de lutter contre eux efficacement".
Effectivement, selon Amaury Le Vesque, l'acétamipride est l'insecticide le plus performant contre les pucerons. Or, avec l'interdiction de l'utiliser, des alternatives ont été proposées aux agriculteurs, mais en vain. "On avait, dans notre panel, trois molécules différentes, mais le seul souci qu'on avait, c'est qu'elles sont efficaces mais qu'à 25-30%".
Une perte de rendements importante
50%, c'est la perte de production à laquelle s'attend le producteur cette année. C'est pourquoi, à ses yeux, la loi d'urgence agricole va dans le bon sens. Il l'affirme, "cette loi, aujourd'hui, c'est le début de l'histoire. Il faut retrouver de la cohérence, il faut avoir confiance en les agriculteurs, pouvoir les laisser produire".
Il rappelle notamment qu'aujourd'hui, la France est un pays davantage importateur qu'exportateur. Il "faut donc savoir ce que les Français veulent dans leur assiette. Est-ce qu'ils veulent des produits français ou des produits étrangers qui ne sont pas faits aux mêmes normes que les nôtres ?".
Le producteur reste tout de même prudent car le chemin législatif de la loi d'urgence reste encore long. Mais il l'assure, les agriculteurs se battront jusqu'au bout pour obtenir gain de cause et pouvoir vivre du fruit de leur labeur.