Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a finalement accepté de "poursuivre sa mission à la demande» du président de la République Emmanuel Macron, quelques heures seulement après avoir annoncé démissionner de son poste, au lendemain du vote du projet de loi urgence agricole.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a présenté mercredi sa démission à Emmanuel Macron qui "ne l'a pas acceptée", et elle a décidé de "poursuivre sa mission à la demande" du président "qui l'a assurée de son soutien", a annoncé son cabinet à l'AFP.
Elle a accepté de rester au gouvernement "face à l'urgence d'agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale", a-t-on ajouté de même source, tout en assurant qu'elle avait "confirmé son désaccord sur la version définitive du projet de loi d'urgence agricole" avec la mesure controversée sur les pesticides.
Le "recul gouvernemental de trop"
Monique Barbut avait fait savoir dès mardi qu'elle allait présenter sa démission au chef de l'Etat, après l'adoption définitive de ce texte par le Parlement, qui inclut une réintroduction dérogatoire de pesticides interdits en France mais autorisés par l'Union européenne.
Dans un message sur le réseau Linkedin mercredi matin, elle avait confirmé sa volonté en parlant du "recul environnemental de trop", en contradiction avec les "engagements" reçu du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Venue à l'Élysée présenter sa démission mercredi matin, elle a finalement participé au Conseil des ministres, sortant ensuite du palais présidentiel avec ses collègues du gouvernement, a constaté l'AFP.
Selon son cabinet, la ministre reste finalement au gouvernement "en confiance autour de priorités fortes : accélérer l'adaptation au changement climatique avec notamment la préservation des forêts françaises et de la ressource en eau, améliorer la santé environnementale avec notamment la poursuite d'objectifs ambitieux de réduction de la pollution au cadmium et de protection renforcée des captages d'eau potable".
La ministre se sent "très libre"
Dans une interview donnée aux Échos et publiée ce mercredi soir, Monique Barbut se dit "très libre" et veut rester au gouvernement tant qu'elle aura "la garantie de pouvoir agir".
"Je resterai tant que j'ai la garantie de pouvoir agir mais clairement, je peux vous assurer que c'est ma première et ma dernière expérience politique", a-t-elle confié, à l'issue d'une journée de rebondissements quant à son avenir, à la suite de l'adoption de la loi d'urgence agricole au Parlement.
"C'est pour cela que je me sens très libre. Très libre mais toujours loyale", s'est expliquée Monique Barbut, se disant malgré tout "en désaccord avec la façon, sur la forme comme sur le fond, dont la version finale du projet de loi agricole a été ficelée, en particulier sur l'acétamipride".
L'ancienne présidente de l'ONG environnementale WWF France a martelé rester "totalement opposée à sa réintroduction" et a affirmé respecter "un vote démocratique" au Parlement et fait part de "garanties" obtenues sur des sujets qui seront "traités en priorité".