Entre pertes de bétail en raison de la canicule et manque de fourrage en raison de la sécheresse, l'hiver s'annonce difficile pour les agriculteurs. Y compris pour ceux qui produisent leurs propres fromages, à l'instar d'Océane et Jean-Baptiste Ney, producteurs de lait à Vaudroy-en-Brie, en Seine-et-Marne.
Aux abords de la ferme de la Berge, les vaches se prélassent dans les pâturages, du moins ce qu'il en reste, se désole Océane : "C'est complètement jaune, toutes les plantes sont cramées sur pied. L'herbe a été fauchée à 4-5 centimètres en mai dernier et, depuis, ça ne repousse pas".
"Les fourrages se font rares"
À ses côtés, son frère, Jean-Baptiste, couteau en main, racle la terre qui s'élève dans un nuage de poussière : "Normalement, c'est un sol qui est dur, mais pas à ce point-là. Mais oui, là, il n'y a plus aucune porosité dans les sols, et on a même de bonnes crevasses à des endroits. On voit que le sol a souffert".
Une terre aride qui impacte directement les stocks de fourrages à l'approche de l'hiver : "On va devoir aller acheter du fourrage ailleurs et c'est le problème de bon nombre d'exploitations, donc les fourrages se font rares".
Une perte d'argent qui n'est pas encore chiffrable, qui s'ajoute à une baisse de production de lait importante et qui fait craindre le pire : "Là, on n'a pas le temps de s'apitoyer sur notre sort. On doit se battre pour permettre la survie de nos exploitations. Mais je pense que cet hiver, ça va être catastrophique. C'est là qu'on va dire : comment sera l'avenir pour l'agriculture en France ? Quels défis va-t-on devoir relever demain ?". Un lendemain auquel ils se préparent déjà. Océane et Jean-Baptiste réfléchissent déjà à comment adapter leur exploitation pour faire face au dérèglement climatique.