L'agence note une surmortalité inédite pour tous les âges à partir de 15 ans durant le phénomène caniculaire qui a marqué la France hexagonale, en juin dernier. Les statistiques montrent ainsi un nombre de morts supplémentaires inédit depuis l'épisode d'août 2003.
Avec 5.764 décès excédentaires enregistrés, pour moitié en trois jours (25-27 juin), l'épisode de chaleurs extrêmes du 17 juin au 2 juillet a entraîné une surmortalité, selon des données provisoires, jamais observée depuis la canicule historique de 2003, a annoncé mercredi Santé publique France. Ce bond de la mortalité "toutes causes", qu'on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur, a été constaté pour "toutes les classes d'âge à partir de 15 ans", ce que l'agence sanitaire nationale juge "inédit".
Depuis la publication des premiers chiffres, qui progressivement s'affinent, les bilans de mortalité alimentent une âpre bataille politique, le gouvernement se voyant accusé d'impréparation par les oppositions.
Les Écologistes s'attendent à un bilan supérieur à 10.000 décès
Les Écologistes en particulier ont anticipé un bilan de 10.000 décès pour l'épisode de juin, aussitôt démenti par Matignon, tandis que le ministère de la Santé récusait toute comparaison avec 2003. Cette période de canicule, d'une "précocité" et une "durée inédites", plus intense que celle d'août 2003 qui avait traumatisé le pays en causant 15.000 morts, a affecté presque toute la population hexagonale (98,5%) dans 92 départements à une "période encore importante d'activités scolaires et professionnelles", selon SpF.
Avec au moins 3.719 morts en excès, les deux tiers de cette surmortalité concernent des personnes âgées de 75 ans et plus, qui payent toujours le plus lourd tribut en raison de leur vulnérabilité et leur santé souvent plus dégradée.
L'événement s'est avéré aussi très meurtrier pour la tranche des 45-64 ans, avec 979 décès en excès, soit un bond de 55% par rapport à la mortalité attendue à cette période de l'année, hors événements exceptionnels. Santé publique France par d'une ""augmentation marquée" de la mortalité "dès 45 ans".
Ces chiffres sont à ce stade "non consolidés" dans l'attente d'un bilan définitif à l'automne, mais confirment le fort impact sanitaire de cet événement climatique, très intense sur tout le territoire, excepté en Corse, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, un peu moins exposées, souligne Spf. Lors de ces 16 jours, l'Île-de-France a été particulièrement touchée, puisque la mortalité a doublé par rapport à son niveau normal, avec 1.999 décès.
Un bilan déjà équivalent à tout l'été 2025
À ces 5.764 décès en excès s'ajoutent les 300 morts "toutes causes" excédentaires recensées pendant la première canicule de cette année, du 24 au 28 mai, plus précoce mais plus brève et moins intense que celle de juin.
Et le pays a enchaîné à la mi-juillet, avec un troisième épisode de fortes chaleurs, alors que l'exposition répétée à des vagues de chaleur épuise les organismes, fragilisant tout particulièrement les populations vulnérables (enfants, personnes âgées, précaires, malades chroniques...), selon les spécialistes.
L'an dernier, le bilan définitif de l'agence sanitaire nationale comptabilisait 5.700 décès attribuables à une exposition à la chaleur sur tout l'été 2025.