Après le Sénat, l'Assemblée nationale a adopté mardi la proposition de loi dite "Philippine", déposée par le député Renaissance Charles Rodwell, visant à allonger jusqu'à sept mois la durée de rétention administrative de certains étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux.
Le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi dite "Philippine" visant à allonger jusqu'à sept mois la durée de rétention administrative de certains étrangers en situation irrégulière, dont ceux visés par une OQTF, et jugés dangereux. Le Sénat avait déjà adopté le texte, deux ans après la mort de Philippine Le Noir de Carlan, qui avait été enlevée et tuée dans le bois de Boulogne en septembre 2024 par un Marocain en situation irrégulière.
Présentée par son auteur, le député Charles Rodwell (Renaissance), comme une réponse au meurtre de la jeune Philippine en 2024, cette proposition de loi, soutenue par le gouvernement, a été adoptée par 345 voix contre 177, lors d'un ultime vote à l'Assemblée nationale.
L'élu de la minorité présidentielle a souligné l'actualité de ce texte, quelques semaines après la mort de Lyhanna. "Notre République a perdu la capacité de protéger ses enfants. C'est donc bien toute la République qui doit s'unir pour les protéger", a-t-il déclaré dans l'Hemicycle.
Les Insoumis dénoncent "des politiques de sécurité racistes"
Il a également interpellé les Socialistes qui s'opposaient au texte. "Amendement après amendement, pas une fois vous ne vous êtes dissociés de La France insoumise. Vous avez fait le choix entre la République et Jean-Luc Mélenchon", a-t-il appuyé.
La gauche, vent debout, a dénoncé un "coup de communication", un texte "aussi inefficace que dangereux" voté avec les voix de l'extrême droite. "La peur, vous vous en nourrissez. Pire, vous la suscitez. La France n'est pas condamnée à subir des politiques de sécurité racistes et inefficaces comme celle que vous nous proposez aujourd'hui", a-t-il rétorqué pendant les débats.
Adopté par les deux chambres du Parlement, le texte doit désormais être présenté au Conseil constitutionnel, dernière étape avant sa mise en œuvre.