À l'appel de plusieurs syndicats, une journée de blocage était organisée ce lundi 27 avril. Les surveillants pénitentiaires protestent contre la surpopulation carcérale généralisée et chronique, ainsi que sur le manque d'effectifs. Des piquets de grève un peu partout en France et notamment à Marseille, alors que 5.000 emplois seraient vacants sur le territoire national, selon les syndicats.
Surpopulation carcérale, agressions, manque d'effectifs... Les surveillants pénitentiaires dénoncent ce lundi 27 avril leurs conditions de travail dans toute la France, pour une journée de mobilisation sollicitée par les syndicats.
Le danger à l'intérieur et en-dehors des murs
Un feu de palette bloque l'entrée des véhicules de la prison des Baumettes. Rassemblés tout autour, une centaine de surveillants, fatigués et excédés.
"Tous les jours il y a des agressions verbales, des agressions physiques, qui sont de plus en plus violentes, même très violentes et gratuites. On n'est pas à l'abri d'une personne incarcérée qui a des troubles psychiatriques", dénonce Aicha Khelfa, déléguée CGT Justice aux Baumettes.
La surpopulation combinée aux manques d'effectifs fait de chaque prison une cocotte-minute, dénoncent ces surveillants. D'autant qu'avec les détenus liés au narcotrafic, les coups de pression se poursuivent hors des murs.
5.000 agressions sur le territoire depuis début janvier
"Ce n'est pas un phénomène nouveau, mais là, on voit que les actes sont alliés à la parole. Et ce qu'on a subi nous-mêmes, avec notre ancienne directrice et notre ancien chef de détention, qui ont été sous protection", rapporte Marc Berkane du syndicat SPS.
"Là, on pense que c'est beaucoup plus généralisé. C'est arrivé d'être suivi à la sortie du travail, même à un représentant de ma propre organisation."
Et le danger n'est jamais loin, rappellent-ils. En début d'année, à la prison d'Aix-Luynes, trois surveillants ont été attaqués à coups de ciseau par un détenu. Conséquence, l'absentéisme est galopant. Un cercle vicieux pour ces agents qui déplorent déjà 5.000 agressions sur le territoire depuis le début de l'année.