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Les surveillants pénitentiaires mobilisés pour une journée «prison morte» afin de dénoncer une situation explosive et demander plus de moyens

5.000 recrutements, armement du personnel pénitentiaire... Une journée «prison morte» pour dénoncer une situation explosive [Nicholas Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La colère monte au sein de l'administration pénitentiaire. À l'appel du syndicat UFAP-UNSa, les surveillants sont mobilisés ce lundi pour une opération "prison morte", sur fond de surpopulation carcérale record et de manque criant de moyens humains et financiers. 

Le message est sans ambiguïté : "Personne ne rentre, personne ne sort". Ce lundi, les surveillants pénitentiaires sont appelés à bloquer les établissements dans toute la France à l'occasion d'une journée "prison morte". Une mobilisation nationale lancée par le syndicat UFAP-UNSa pour alerter sur une situation jugée "intenable". 

5.000 postes vacants 

Alors que le nombre de détenus a une nouvelle fois atteint un niveau record début avril, avec plus de 88.000 personnes incarcérées, l'administration pénitentiaire tire la sonnette d'alarme. En cause : un sous-effectif chronique et des moyens budgétaires jugés largement insuffisants. 

Sur le terrain, la mobilisation s'organise concrètement par des blocages à l'entrée des établissements : "En général, on s'installe devant les prisons, on érige des barrages et les personnels font bloc et se rassemblent afin de montrer leur consternation à l'administration et à ce ministère", explique Alexandre Caby, secrétaire général de l'UFAP-UNSa. 

Le syndicat dénonce un manque massif de personnel à tous les niveaux : "Aujourd'hui, il nous manque plus de 3.000 surveillants, plus de 300 officiers, quasiment un millier de conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation, presque tout autant de personnel administratif. Cela représente près de 5.000 postes vacants", détaille-t-il. 

Un plan de neuf milliards d'euros 

Une pénurie qui, selon les agents, met directement en péril leur sécurité. Les surveillants disent ne plus être en capacité d'assurer correctement leurs missions, dans un contexte de tensions accrues au sein des établissements. L'année dernière, près de 5.000 agressions d'agents ont été recensées. 

"C'est une situation catastrophique. Des fonctionnaires font tenir un service à bout de bras dans des conditions de travail déplorables. Il nous faudrait des agents armés, peu importe leur corps et leur grade. On manque de tout, sauf de détenus, puisqu'on en a 30.000 de plus que nos capacités d'accueil", alerte encore Alexandre Caby. 

Face à cette crise, les surveillants réclament un plan d'urgence à la hauteur des enjeux. Ils demandent au ministère de la Justice une enveloppe de neuf milliards d'euros afin de renforcer les effectifs, améliorer les conditions de travail et adapter les infrastructures à la surpopulation carcérale.