Quatre mois après sa libération d'Algérie, où il est resté un an en détention, l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal va rejoindre Grasset, maison d'édition du géant Hachette Livre, numéro 1 français de l'édition qui fête cette année ses 200 ans.
L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, libéré en novembre 2025 après un an de détention en Algérie, va rejoindre Grasset, maison d'édition du géant Hachette Livre, a annoncé vendredi le PDG du groupe Arnaud Lagardère. "C'est son choix. II voulait changer de vie professionnelle", a déclaré ce dernier. "Ce n'est pas un choix idéologique qu'on a fait, c'est un choix littéraire", a-t-il ajouté alors qu'il s'exprimait lors de la célébration à Paris du 200e anniversaire de Hachette Livre, numéro un français de l'édition.
"On est face à un homme qui a vécu probablement les pires choses qu'on puisse imaginer et qui donc vraiment a décidé de tirer un trait si je puis dire sur son passé", a déclaré le dirigeant. Son éditeur historique Gallimard avait réagi jeudi avec "tristesse et déception" à l'annonce du départ de ses rangs de Boualem Sansal, dont le premier livre depuis sa libération en Algérie sera donc publié chez Grasset.
"Jamais à aucun moment nous avons essayé de débaucher Boualem Sansal"
"Il avait une appétence pour Grasset. Jamais à aucun moment nous avons essayé de débaucher Boualem Sansal de sa maison historique", s'est défendu vendredi Arnaud Lagardère. "La personne est un phénomène, d'abord un phéntomène littéraire, ensuite un phénomène humain, dont pour nous évidemment c'est une joie immense. On a un devoir qui va probablement au-delà de celui d'héberger un auteur. C'est un devoir humain que l'on a vis-à-vis de lui pour qu'il termine sa vie de manière heureuse et sereine", a-t-il poursuivi au micro d'Europe 1.
Pendant plusieurs mois, Gallimard et le monde de l'édition s'étaient mobilisés pour obtenir la libération de Boualem Sansal, qui est intervenue le 12 novembre 2025 après une grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Boualem Sansal, âgé de 81 ans et naturalisé français en 2024, avait été détenu pendant un an en Algérie pour certaines prises de position critiques sur son pays natal et y purgeait une condamnation à cinq ans de prison pour "atteinte à l'unité nationale". Dans cet ouvrage, il reviendra sur ce drame humain qu'il a vécu.
"Ce sont des réflexions complexes sur la sécurité, sur les droits de l'homme, sur la liberté d'expression, sur ce qu'est un État, ce qu'est la liberté, ce que sont les relations internationales. Il faut que ce soit une façon de respirer, parce qu'on n'aborde pas les problèmes que par la seule intelligence, ou même seulement par son cœur", a-t-il exprimé à Europe 1.