L'interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble provoque une vive polémique. Plusieurs responsables politiques accusent La France insoumise d'avoir soutenu une action contre la DJ, tandis que Gabriel Attal et Bernard Cazeneuve dénoncent une dérive qu'ils jugent inquiétante.
Vendredi soir à Grenoble, la DJ Barbara Butch, devenue tristement célèbre après sa parodie de la Cène lors des Jeux olympiques de Paris, n'a pas pu terminer sa prestation sur scène. Une centaine de militants pro-palestiniens ont forcé l'interruption de son set, une action attribuée par plusieurs responsables politiques à La France insoumise, désormais pointée du doigt. Depuis, la situation s'est très rapidement envenimée.
"L'antisémitisme de La France insoumise est tout sauf résiduel"
Gabriel Attal attaque violemment les troupes de Jean-Luc Mélenchon. "L'antisémitisme de La France insoumise est tout sauf résiduel. À Grenoble, Barbara Butch est ciblée parce qu'elle est juive", affirme-t-il.
Même sévérité du côté de Bernard Cazeneuve, qui interpelle son propre camp. "Si la gauche, c'est d'envahir des concerts, si la gauche, ça consiste à maintenir au Parlement ce que l'on pourrait appeler quasiment des milices, alors nous sommes dans un tout autre système. Et cette gauche-là n'est pas la gauche", dénonce-t-il.
Une inquiétude partagée par le monde culturel. Yonathan Arfi, président du Crif, parle d'une dérive structurelle de LFI sur CNEWS. "Il y a, dans cette volonté de La France insoumise de soumettre la culture à son agenda politique, les germes d'une vision totalitaire de la culture. C'est-à-dire d'une vision où la culture n'est plus une fin en soi, mais un moyen de conquérir le pouvoir et de façonner l'opinion. Et ça, c'est une approche qui est dangereuse pour la démocratie, tout simplement", alerte-t-il.
Barbara Butch, elle, doit remonter sur scène ce samedi à Saint-Martin-du-Tertre, dans l'Yonne.