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Fin de vie : les personnes âgées, sous la pression, pourraient être incitées à choisir le suicide assisté, redoute un médecin

"Lorsque les unités de soins palliatifs font défaut, les demandes des familles vont augmenter de 25% vers une euthanasie", assure un médecin. [JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP]

Ce mercredi, les députés doivent terminer l'examen des deux textes sur la fin de vie, puis doivent se prononcer lors d'un vote. Toutefois, une partie de cette proposition de loi, notamment l'euthanasie, inquiète certains médecins gériatres.

Un projet de loi longuement débattu. Les députés finissent d'examiner, pour la seconde fois, les deux textes sur la fin de vie, avant de se prononcer ce mercredi 25 février 2026 lors d'un vote solennel.

Un premier vote concernera le développement des soins palliatifs et le second, l'accès au suicide assisté et l'euthanasie. Cette partie de la proposition de loi inquiète certains gériatres, qui craignent que l'autorisation du suicide assisté mette la pression sur des patients âgés.

Une pression des familles et de la société ?

Gaël Durel, médecin gériatre et vice-président de l'Association nationale des médecins coordonnateurs en EHPAD, redoute que la légalisation du suicide assisté ne finisse par modifier la façon dont on considère les personnes âgées.

"La loi offre les moyens de supprimer sa vie, puisqu'elle ne serait plus aux yeux de la société digne d'être vécue. 'Je suis un poids pour la société, je suis devenu dépendant', pourraient se dire les personnes âgées", assure-t-il.

Avant de détailler : "La pression mise par la société et mise par les familles risque de devenir de plus en plus importante pour ces personnes vulnérables qui, n'ayant que peu de visites et de moyens, demanderont, alors qu'elles ne sont pas soulagées, à pouvoir accéder à un suicide assisté ou une euthanasie."

Une demande d'en finir qui serait aussi accentuée par le manque de soins palliatifs. "Lorsque les unités de soins palliatifs font défaut, les demandes des familles vont augmenter de 25% vers une euthanasie, puisqu'elles se rendent compte que leurs parents n'étant pas suffisamment soulagés, il vaut mieux la demander", constate-t-il.

Gaël Durel appelle à regarder les personnes âgées comme une valeur, une richesse et non pas comme un coût supplémentaire pour la société.