Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Élections municipales 2026 : s'allier avec La France insoumise, l'hypothèse qui fracture les autres formations de gauche

L'alliance du Nouveau Front populaire paraît très lointaine à l'approche des élections municipales. [Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Après la mort du jeune Quentin Deranque et ses liens privilégiés avec la Jeune Garde, La France insoumise souhaite proposer des accords de "rassemblement" avec le reste de la gauche si cette dernière arrive en tête au premier tour. Mais pour certains membres du Parti socialiste, il s'agit là d'une ligne rouge à ne pas franchir.

Le torchon brûle à gauche. Et l'incendie pourrait se propager jusqu'aux élections municipales, prévues les 15 et 22 mars prochains. Depuis ses propos soutenant la Jeune Garde, La France insoumise a été condamnée par le reste de la gauche, des Écologistes au Parti socialiste. La fracture est profonde, publique et semble durable.

Pourtant, en coulisses, une autre réalité s'impose. Malgré les tensions, les Socialistes pourraient de nouveau s'allier aux Insoumis lors des prochaines municipales. Une perspective qui menace d'ouvrir de nouvelles lignes de faille au sein même du PS. "Cette question pourrait faire imploser le parti", confie d'ailleurs un cadre socialiste.

Préserver les bastions socialistes

En interne, deux stratégies s'opposent frontalement. D'un côté, le premier secrétaire Olivier Faure plaide pour des alliances locales avec LFI. À une condition toutefois : "les candidats insoumis doivent dénoncer la violence en politique."

Une exigence présentée comme un préalable moral, mais qui cache aussi un calcul électoral assumé. L'objectif est clair, préserver les bastions socialistes que sont Paris, Marseille, Rennes, Nantes ou encore Lille. Autant de villes susceptibles de basculer à droite en cas de division de la gauche.

"Pas d'accord", plaide Jérôme Guedj

Face à lui, les opposants à toute entente haussent le ton. L’ancien président François Hollande et le député Jérôme Guedj refusent catégoriquement un nouveau pacte avec les Insoumis. "La conclusion et la conséquence des propos de Jean-Luc Mélenchon devaient être prises depuis bien longtemps : plus un seul accord électoral avec la France insoumise. Je préfère perdre une élection que mon âme", tranche ce dernier.

Un bras de fer idéologique et stratégique qui pourrait laisser des traces durables. Pourtant, selon un soutien d’Olivier Faure, aucun des deux camps ne semble en mesure de l’emporter franchement. "On ne peut pas les forcer à s’allier et ils ne peuvent pas virer ceux qui le font", glisse-t-il. À l’approche des municipales, le suspense reste entier.