Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«On en a marre» : la colère des éleveurs de bovins contre l'appel du gouvernement à limiter la consommation de viande

Comme chaque jour depuis 45 ans, Didier s'occupe de ses charolaises. [Europe 1]

Limiter la viande pour mieux protéger la santé et le climat. Le gouvernement a dévoilé sa stratégie nationale pour l’alimentation à l’horizon 2030. Une recommandation qui passe mal chez les éleveurs bovins, déjà fragilisés par la crise agricole. Europe 1 s'est rendue dans les Yvelines.

De nouvelles recommandations du gouvernement en matière d'alimentation. Mercredi, la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat a été publiée. Un plan qui fixe les actions à mener d'ici 2030 pour une alimentation plus saine et moins émettrice de gaz à effet de serre. 

Et le gouvernement recommande de limiter la consommation de viande et de charcuterie. Un nouveau coup dur pour les éleveurs bovins en pleine crise agricole. Pour l’occasion, Europe 1 en a rencontré un à Mesnil-Saint-Denis, dans les Yvelines.

"On ne peut pas nous empêcher de manger de la viande"

Comme chaque jour depuis 45 ans, Didier s'occupe de ses charolaises. Au milieu de son étable, l'éleveur a du mal à encaisser l'appel du gouvernement à limiter la consommation de viande. "On est dans un pays de liberté, on ne peut pas nous empêcher de manger de la viande. Moi, je suis éleveur, je vois mes clients dans ma cour : ils sont satisfaits du produit que je vends. Si je leur dis : 'Messieurs, allez manger du steak de soja', ils vont tous me faire la gueule", déplore-t-il.

Pull vert et pantalon rentré dans les bottes, il dénonce un discours qu'il ne supporte pas. "Il faut manger moins de viande parce que ça pollue. Mais ce qui vient de l'étranger, avec les kilomètres qu'il va faire pour venir en France, va polluer aussi. Est-ce qu'au niveau de la qualité sanitaire, on aura la même qualité ? Les contrôles ne sont pas les mêmes dans les pays tiers qu'en Europe et en France", s’insurge l’éleveur.

La dermatose nodulaire, le Mercosur et maintenant cet appel du gouvernement. Didier, le visage marqué, ne peut plus cacher sa colère. "Jusqu'à présent, on fermait nos gueules parce qu'on avait toujours un peu de rentabilité. Mais aujourd'hui, les charges augmentent, tout augmente. On n'a pas forcément la reconnaissance de tout le monde et, au bout d'un moment, on en a marre", clame-t-il.

Cette énième injonction risque de démotiver les générations futures, souligne Didier. Lui-même, bientôt à la retraite, n'a toujours pas trouvé de repreneur.