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Santé : faut-il montrer le coût réel des soins médicaux aux patients ?

Santé : faut-il montrer le coût réel des soins médicaux aux patients ? [JEAN-MICHEL DELAGE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP]

Afin de lutter contre le déficit de la Sécurité sociale, l'institut Montaigne propose d'afficher le coût réel des soins sur chaque facture. L'objectif est de sensibiliser les Français, qui bien souvent, n'ont aucune idée du prix de leur santé.

Et si l’on affichait enfin le vrai prix de vos soins ? L’Institut Montaigne propose d’indiquer le coût réel des soins sur chaque facture, afin de lutter contre le déficit de la Sécurité sociale. L’objectif de cette démarche est de sensibiliser les Français, qui n’ont souvent aucune idée concrète du prix de leur santé.

"On ne regarde jamais"

En France, plus un soin est lourd, moins le patient semble le payer. Un paradoxe qui entretient le flou autour du système de santé français. De fait, les patients n’ont bien souvent "aucune idée" du coût réel de leurs prestations de santé, au point que la majorité "ne regarde jamais" les factures.

Pourtant, chaque jour, l’Assurance maladie débourse des centaines de millions d’euros pour soigner la population. En moyenne, il faut compter une soixantaine d’euros pour une radiographie, 2.000 euros pour une opération de la cataracte et jusqu’à 70.000 euros pour une jambe cassée avec complications. Des tarifs qui suscitent souvent l’incrédulité : "Je n’aurais pas dit autant. Et là, j’avoue, je suis assez surpris par les prix."

"Si on savait ce qu'on coûte, on dépenserait moins"

Pour Nelly, étudiante, cette transparence est une évidence : "Tout a un coût : le personnel, les appareils, les soins", rappelle-t-elle. Un avis partagé par Gilles, 58 ans, pour qui l’affichage des prix constitue le seul levier pour responsabiliser les usagers, à une période où les économies sont de mise. "Si on le savait, les gens seraient peut-être moins enclins à dépenser sans compter", estime le quinquagénaire.

Derrière ce flou financier, se cache un gâchis bien plus concret. Le reste à charge étant quasi nul, le produit perd de sa valeur aux yeux de certains patients. Un tel détachement que certains l’admettent sans détour : faute de conscience du prix réel, leurs boîtes de médicaments finissent trop souvent au fond de la poubelle.