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Qu'est-ce que le traité «New Start», signé entre les États-Unis et la Russie, qui a pris fin ce 5 février ?

Barack Obama et Dmitri Medvedev lors de la signature du New Start, le 8 avril 2010 à Prague. [JOE KLAMAR / AFP]

Dans un contexte de tensions toujours plus importantes entre les grandes puissances de ce monde, un traité sur le désarmement nucléaire entre les États-Unis et la Russie, le "New Start" a pris fin ce jeudi. Mais à quoi servait-il ? Quelles sont ses origines ? Europe 1 fait le point. 

Se dirige-t-on vers une prolifération des armes nucléaires ? Ce jeudi 5 février, le traité "New Start", signé entre les États-Unis et la Fédération de Russie, sur le désarmement nucléaire a touché à sa fin et ouvre une période d'incertitude dans un contexte géopolitique tendu. 

Si certains craignent une escalade dans la production d'armes de destruction massive, d'autres pensent qu'un nouvel accord est possible. Mais en quoi consistait le "New Start" ? 

Limitation des arsenaux nucléaires à 1.550 ogives 

Retour en 2010, plus précisément au 8 avril. À Prague, le président américain, Barack Obama, et le président russe, Dmitri Medvedev, signent le traité "entre les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie relatif aux mesures de réduction et de limitation supplémentaires des armements offensifs stratégiques", plus connu sous le nom de "New Start". 

Lors de sa signature, cet accord entre les deux pays est valable pour une durée de 10 ans, avant d'être prolongé en janvier 2021 jusqu'au 5 février 2026. Il vient remplacer deux précédents accords : START I, qui avait pris fin en 2009, et le SORT, qui devait expirer en 2012. 

Cet accord New Start limite les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie à un maximum de 1.550 ogives stratégiques offensives déployées chacun, limite au total à 800 le nombre de lanceurs stratégiques déployés et met en place un système de vérification mutuelle avec des inspections sur place pour garantir le respect des engagements. 

Si pendant 10 ans le traité est respecté par les deux superpuissances, en février 2023, Vladimir Poutine annonce suspendre l'application de certaines clauses du traité dont les inspections américaines sur ses sites militaires. Depuis ce moment, plus aucune inspection n'a eu lieu. Si le respect des conditions de New Start est limité depuis plusieurs années, sa mise en place était le fruit d'une longue série de traités signés entre les deux pays depuis les années 1960. 

Deux accords importants dans les années 1970

En 1962, les États-Unis et l'Union soviétique sont au bord de la guerre nucléaire, avec la crise des missiles de Cuba. Mais grâce à la retenue de John F. Kennedy et de Nikita Khrouchtchev, les combats n'auront jamais lieu. 

Bien que les deux dirigeants entreprennent une politique de détente et signent un premier traité interdisant les essais d'armes nucléaires, leurs arsenaux continuent de grossir. Ce n'est qu'à la fin des années 1960 que les États-Unis et l'URSS négocient les conditions d'un traité plus ambitieux. 

Le 26 mai 1972, Richard Nixon et Leonid Brejnev signent, à Moscou, le traité "Strategic Arms Limitation Talks I", plus connu sous le nom de SALT I. Ce dernier gèle le nombre de missiles balistiques intercontinentaux et ceux lancés depuis des sous-marins, mais n'impose aucune limite sur le nombre d'ogives. Cet accord est valable pour une durée de cinq ans et il ralentit la course à l'armement nucléaire. 

En 1977, l'accord prend fin mais les deux pays déclarent continuer à respecter les conditions de SALT I durant toute la période de négociations de SALT II. Il est signé par le président Carter et Leonid Brejnev à Vienne, le 18 juin 1979. Il limite le nombre de bombardiers et de lance-missiles utilisables. Cependant, ce traité ne sera jamais appliqué, faute de ratification de la part du Sénat américain en raison de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. 

Mise en place de START I et de SORT

Malgré cette décision, les deux puissances semblent respecter les conditions de SALT II. Mais dans les années 1990, les États-Unis et l'URSS, puis la Russie, s'accordent sur deux traités : START I et II, pour "Strategic Arms Reduction Treaty". Ils visent à réduire drastiquement les arsenaux nucléaires américains et russes. 

On passe d'un maximum de 6.000 ogives avec START I à maximum 3.500 avec START II. Mais ce dernier ne sera jamais mis en place, faute de ratification de la part de la Russie. Un autre accord verra le jour en 2002. Nommé SORT, pour "Strategic Offensive Reduction Treaty", il limite le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées entre 1.700 et 2.200. 

Il sera signé le 24 mai 2002 par les présidents Vladimir Poutine et George W. Bush, à Moscou. Il restera en vigueur jusqu'en 2011 avant d'être remplacé donc par le New Start.

Que va-t-il se passer désormais ? 

Maintenant que New Start a expiré, la crainte d'une prolifération des armes nucléaires rejaillit. Pour la première fois depuis un demi-siècle, aucun traité juridiquement contraignant limite les arsenaux nucléaires américain et russe. L'expiration du traité "marque un moment grave pour la paix et la sécurité internationale", a déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, qui appelle les deux pays à "s'entendre" rapidement. 

De son côté, l'OTAN appelle à la "retenue et à la responsabilité" qui sont "essentielles à la sécurité mondiale". En septembre 2025, Vladimir Poutine avait pourtant proposé à son homologue américain une prolongation d'un an des termes du traité. Donald Trump avait jugé que c'était "une bonne idée", mais il n'a jamais donné suite. 

Mais il y a un motif d'espoir. Selon le média américain Axios, quelques heures après l'expiration du New Start, les États-Unis et la Russie mèneraient actuellement des discussions pour conclure un accord visant à prolonger les termes du New Start.