Alors que les États-Unis maintiennent une forte présence militaire dans le golfe Persique, Téhéran pourrait finaliser dans les prochains jours un cadre de négociations sur le nucléaire. Entre levées des sanctions, neutralisation de l’uranium et reprise des échanges commerciaux, un compromis reste possible, mais fragile.
Un cadre pour des négociations avec les États-Unis pourrait être finalisé dans les prochains jours, a indiqué Téhéran ce lundi 2 février.
Alors que les États-Unis maintiennent la pression sur une possible intervention militaire, la voie diplomatique semble suivre son cours. Un compromis entre Washington et Téhéran n’est pas à exclure.
La tension militaire reste élevée
Au moins dix navires de guerre battent pavillon américain dans le golfe Persique, mais l’unique boussole de Donald Trump est un accord sur le nucléaire iranien.
Selon Frédéric Encel, docteur en géopolitique à Sciences Po, la levée des sanctions économiques pourrait être envisagée sous certaines conditions, notamment la neutralisation de l’uranium en Russie et l’assurance que l’Iran ne produira plus de matière fissile pour fabriquer des bombes. Cette mesure ouvrirait également la voie à une reprise des échanges commerciaux et à des investissements en Iran.
"Les exigences des États-Unis sont extrêmement claires et pas seulement encore une fois des États-Unis. C’est la neutralisation des fameux 400 kg d’uranium en Russie qui permettrait à eux seuls de faire au moins une bombe. Avec la levée des sanctions qui correspondraient bien évidemment avec la promesse de ne plus fabriquer de quoi faire une bombe. Avec la levée de ces sanctions-là, Trump au mieux pourrait envisager l’ouverture des frontières, l’ouverture commerciale et économique des frontières iraniennes, en vue d’investissements extrêmement lucratifs", détaille-t-il.
Le jeu géopolitique de Téhéran
"Nos capacités de défense ne sont pas négociables", avait répondu son ennemi juré, mais les mollahs, fragilisés, sont prêts à quelques concessions, estime le spécialiste.
"Les régimes despotiques, de manière générale, ce qui les intéresse, au-delà même d’ailleurs de l’idéologie, c’est évidemment le fait qu’ils restent au pouvoir. Le véritable point d’interrogation, c’est ça. Est-ce que le vieillard fanatique Khamenei accepterait des gages, des renoncements substantiels sur le plan géopolitique pour éviter une guerre qui, de toute façon, le ferait à terme chuter ?"
Selon lui, cela est possible pour deux raisons. D’abord, l’Iran perdrait la guerre. Ensuite, la République islamique a déjà négocié sur le nucléaire : en 2015, elle s’était engagée à cesser d’enrichir son uranium durant 10 ans.
Mais Donald Trump s’était retiré de cet accord deux ans plus tard. L’Iran avait alors repris sa course à l’armement atomique.