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Au Nigeria, plus de 160 chrétiens enlevés dans une attaque dans le nord du pays

[Light Oriye Tamunotonye / AFP]

Dimanche 19 janvier, des gangs ont attaqué deux églises dans l’État de Kaduna, au nord du pays, et ont enlevé 163 chrétiens qui assistaient à la messe. Neuf personnes auraient réussi à s’échapper. La police de l’État de Kaduna n’a pas confirmé l’attaque, contrairement à l’ONU ce lundi.

Les enlèvements de masse sont de plus en plus récurrents au Nigeria depuis novembre 2025, de même que les violences envers les chrétiens par des groupes armés. Ce dimanche, plus de 160 Nigérians ont été enlevés lors de l’attaque de deux églises, en pleine messe. 

Le nord du Nigeria, cible privilégiée pour les enlèvements

"Les assaillants sont arrivés en nombre, ont bloqué l’entrée des églises et ont forcé les fidèles à sortir dans la brousse. (...) Ils en ont enlevé 172, mais neuf se sont échappés, donc 163 sont toujours avec eux", a expliqué Joseph Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigeria dans le nord du pays.  

Pour le chef local de Kurmin Wali (village situé à proximité du lieu des attaques), ItIshaku Dan’azumi, les assauts ont visé trois églises et non deux, mais le rapport de l’ONU n’évoque pour l’instant que deux lieux de culte. Les Nations-Unies ont également confirmé l’implication de "bandes armées" et mentionne "plus de 100 fidèles" enlevés.  

Mais pour la police de l'État de Kaduna, rien à signaler : après s’être rendue sur "les lieux présumés du crime", elle a déclaré que "jusqu'à présent, il n'y a aucune information faisant état d'une attaque ou d'un enlèvement", selon le commissaire de police Muhammad Rabiu. Il a également ajouté qu’il s’agissait de "simples mensonges colportés par des entrepreneurs du conflit qui veulent semer le chaos."

Le commissaire d'État à la sécurité intérieure, Sule Shauibu, a rejeté de son côté le "récit" d'un enlèvement, le jugeant "totalement faux". "Nous n'avons aucune preuve en ce sens", a-t-il assuré.

Près d’1,7 million de dollars de rançons entre l'été 2024 et 2025

Une ineptie pour le chef de Kurmin Wali, qui déplore que "seuls les politiciens nient l’enlèvement de nos gens." Il a rappelé ne s’être "jamais plaint aux autorités des enlèvements dans notre région", payant quasi systématiquement les rançons. "Mais cette fois, nous nous sommes adressés aux autorités parce que le nombre de personnes enlevées dépasse notre capacité à faire face", a-t-il déclaré.  

En novembre 2025, 300 élèves et professeurs d’une église catholique avaient été enlevés contre rançon, et ont depuis été libérés. En novembre 2025, le président Bola Tinubu avait instauré l'état d'urgence, et recruté plus de militaires et de policiers pour lutter contre l'insécurité.

Selon le cabinet de conseils SBM Intelligence, basé à Lagos, depuis 2020, les gangs de jeunes Nigérians auraient tué 1.200 personnes, principalement dans le sud du pays. Des enlèvements de masse qui rapportent beaucoup aux gangs : près de 1,7 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, rapporte le cabinet.