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Tunnel des Halles à Paris : les riverains à bout face à l’insécurité 

Au cœur de Paris, le tunnel des Halles s’est transformé en repère pour plusieurs centaines de toxicomanes. Entre insécurité, nuisances et commerces qui ferment, les riverains vivent un quotidien devenu insupportable.

C’est un enfer souterrain en plein cœur de Paris. Depuis plusieurs mois, la voirie souterraine des Halles – un réseau routier de plus de 4 km situé sous le quartier des Halles à Châtelet – est devenue un repaire pour des centaines de toxicomanes de crack et un terrain de jeu pour les trafics associés.  

Dès l’entrée du tunnel, l’odeur d’urine et de crasse saisit le visiteur. À la lumière crue, le sol apparaît jonché de seringues usagées et de vêtements sales. Dans les recoins, des groupes d’hommes et de femmes, ralenti par la dépendance, errent ou dorment, en proie à l’addiction. Selon les autorités locales, la fermeture en avril 2025 du centre d’accueil de la rue de Cléry – un lieu de réduction des risques situé à quelques centaines de mètres – a contribué à déplacer une partie des consommateurs vers ces sous-sols.  

Des commerces qui pâtissent de leur présence

"Ils sont plus de 400 ici", explique Aurélien Véron, conseiller LR de Paris Centre. "C’est un mouroir permanent. Certains dorment et vivent là… D’autres descendent pour prendre le crack ensemble. Quelques riverains ont été agressés, notamment quand ils rentrent dans les immeubles en forçant les portes cochères… Personne n’ose intervenir", révèle l'élu. 

La présence de la drogue et des toxicomanes a eu des impacts concrets sur l’activité commerciale et la vie quotidienne du quartier. Juste en face du tunnel, Sylvie, boulangère installée depuis dix ans, a été contrainte de fermer son commerce.

"Quand ça sentait bon, ça les attirait… Ils se battaient, ils criaient… Certains ont menacé de brûler ma boulangerie et m’ont moi-même menacée de mort. Mon chiffre d’affaires a chuté de 24 % sur l’année", confie-t-elle.

Un trafic structuré malgré les opérations policières

Le phénomène n’est pas anecdotique : une enquête policière récente a montré que le trafic de crack alimentant ce secteur était structuré par un réseau local, démantelé en septembre dernier, qui fournissait jusqu’à 30 clients par jour autour des Halles et alentour.  

Malgré ces démantèlements, les opérations policières répétées pour évacuer les toxicomanes du tunnel ont souvent un effet limité : les consommateurs reviennent quelques jours après chaque intervention, faute de solution durable. Les autorités judiciaires ont pourtant annoncé une offensive coordonnée contre la délinquance dans le quartier, avec une cellule spéciale dédiée.