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«C’est difficile quand vous devez juste attendre» : une Iranienne exilée en France témoigne de ses inquiétudes face à la répression

[Sem van der Wal / ANP MAG / ANP via AFP]

La vague de protestation s’essouffle en Iran sous l’effet d’une répression violente. Depuis la France, la journaliste Nazila Maroofian, ancienne détenue de la prison d’Evin et contrainte à l’exil, suit au quotidien les manifestations et raconte la peur de sa famille restée sur place, mais aussi son espoir pour la démocratie iranienne.

En Iran, la contestation s’est nettement affaiblie sous l’effet d’une répression brutale menée par le régime. Une violence suivie de près par des millions d’Iraniens en exil, à l’image de la journaliste Nazila Maroofian, aujourd’hui réfugiée en France.

Ancienne détenue de la prison d’Evin, à Téhéran, et menacée de mort, elle témoigne de la situation sur place et de son combat à distance.

"Toutes les choses que j’ai vécues reviennent devant mes yeux"

Les larmes aux yeux, la journaliste regarde défiler les rares images et vidéos des manifestations qui lui parviennent d’Iran. "Comme un cauchemar, toutes les choses que j’ai vécues reviennent devant mes yeux", témoigne-t-elle en sanglots.

Sa famille et ses amis sont encore en Iran. Pendant plusieurs jours, elle n’a eu aucune nouvelle d’eux. De longues heures d’attente et d’incertitude, insupportables.

"C’est hyper difficile quand vous devez juste attendre. Parfois, je regarde les vidéos que les gens m’envoient sur les manifestants et je me dis que je cherche ma famille, je cherche mes amis", explique la journaliste.

Une seule information lui est parvenue, mais c’est une mauvaise nouvelle : l’une de ses amies a été arrêtée par le régime. "Ils ont cassé la porte de son appartement et on n’a aucune nouvelle. Elle est où ? Elle va bien ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? On ne sait pas", s’interroge Nazila Maroofian.

"On va avoir la liberté"

Mais la jeune femme garde espoir. Son pays s’en sortira, avec ou sans l’aide des États-Unis.

"Que Trump ou un autre pays nous aide ou pas, on va réussir un jour. On va avoir la liberté. J’espère que cette fois, c’est la dernière fois", explique-t-elle.

Même en exil, Nazila Maroofian continue de se battre pour la démocratie iranienne et espère pouvoir, un jour, retourner vivre en Iran, libre.