Deux semaines après le début des manifestations partout en Iran, le régime iranien tient et n'hésite pas à utiliser la force pour contenir le mouvement. Pour le neveu de l’ayatollah Khamenei qui vit en France depuis 40 ans et qu'Europe 1 a pu rencontrer, assure savoir où le chef de la République islamique se cache.
Le pouvoir iranien est-il sur le point de tomber ? Depuis deux semaines, des manifestations d'ampleur secouent le pays. De nombreux citoyens, qui protestaient au départ contre la vie chère, se mobilisent désormais pour dénoncer le régime des Mollahs.
Un régime qui n'hésite pas à appliquer une répression sévère sur sa population. Selon l'ONG Human Rights, au moins 3.500 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement et des milliers d'autres ont été arrêtées.
À des milliers de kilomètres de là, le neveu du guide suprême de la République d'Iran, vit en France, près de Lille. Cette homme de 62 ans, médecin à Croix et qu'Europe 1 a pu rencontrer, assure savoir où se cache son oncle.
"Il restera au pouvoir jusqu'à sa mort"
"Il doit être probablement à Mashhad, en dessous du mausolée de l’Imam Reza, notre huitième imam chiite. Et lui, bien entendu, comme il est né à Mashhad, il a une résidence et en particulier au sein du mausolée de l’Imam Reza", explique-t-il au micro d'Europe 1.
"Il y a toute une structure, il y a des bâtiments, il y a même des hôtels. C'est un endroit qui est très visité bien entendu, mais assez sûr parce que je ne pense pas que quelqu'un puisse oser attaquer le mausolée d’un imam chiite", poursuit-il.
"Je pense qu'il lutte, il restera au pouvoir jusqu'à sa mort, que ce soit naturel, accidentel ou provoqué par une confrontation. C'est quelqu'un qui à l'époque se présentait plus aimable, mais qui était toujours mégalomane. Il avait soif de pouvoir. Il s’est rapproché de Khomeini sans le connaître auparavant", ajoute le soixantenaire.
"Je suis profondément démocrate et républicain"
Désormais loin de Téhéran, le médecin continue d'appeler à la chute du régime islamique. "À l'époque, je n'ai pas participé à ce régime malgré qu'il l’a demandé. J'étais plutôt en opposition et en accord avec mon père qui est devenu rapidement un opposant au régime".
"Je suis profondément démocrate et républicain et je souhaite que, dans un premier temps, la religion soit séparée de l’Etat et qu'on obtienne la laïcité dans le pays et que les droits de l'homme et la démocratie soient imposés. Je voterai éventuellement si je suis sur place pour une république, mais quelle que soit la forme du régime, ce qui est important c'est la démocratie, c'est la séparation de la religion des pouvoirs politiques et sociaux. Et je pense depuis toujours que l'Iran est victime de la mainmise des religions sur la société et sur la politique", conclut-il.